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Le Changement Climatique, Comment Augmenter La Résilience Des Exploitations ?

Le changement climatique, comment augmenter la résilience des exploitations ?

Les effets du changement climatique sont de plus en plus nuisibles : sécheresse, concentration des précipitations, augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes… Cependant, d’après le projet LIFE AgriAdapt, « une adaptation durable au changement climatique est plus que possible dans le secteur agricole ». Quels sont alors les impacts sur l’agriculture et les marges de manœuvre des exploitations face à ce phénomène ?

Lire aussi : Le changement climatique, entre émissions et stockage, où se situent les exploitations agricoles ?

Les enjeux de l’adaptation au changement climatique

Les effets du changement climatiques peuvent être très variable selon la situation géographique :
carte-france

Zone Atlantique

Augmentation des périodes de danger sur la santé animal (souffrance thermique et baisse de la production)
Élévation du niveau de la mer et risque d’inondations
Étés plus chauds et secs
Risques bioagresseurs plus importants

Zone Sud

Baisse de la disponibilité en eau
Diminution de la durée des cycles culturaux (rendement) et des zones favorables aux cultures
Augmentation : risques de vague de chaleur, sécheresse, érosion

Les problématiques d’accès à l’eau, de gestion des risques, de préservation des rendements et de la viabilité économique sont à prendre en compte dans le cadre du maintien de la durabilité des systèmes. Les effets du changement climatique se manifeste par :

  • Température : périodes de fortes chaleurs et de vagues de froid intense plus nombreuses et sévères. Augmentation variable de la température (+1,5°C en moyenne sur 2006-2015). Evapotranspiration en hausse (perte en eau des plantes – phénomène lié à la chaleur).
    Froid : Impact significatif pouvant varier de 30 à 70% de perte de rendement
    Chaleur : fréquence en augmentation, impact ponctuel voir significatif sur les rendements
  • Précipitations : répartition/distribution hétérogène et importantes variations interannuelles. Diminution notable dans le sud de la France et augmentation dans le Nord.
  • Sud : de 5 à 30% de perte de rendement en grandes cultures
    Nord de la France : 50% de perte en 2016
  • Evènements climatiques extrêmes : augmentation de la fréquence des phénomènes de grêle, gel intense/tardif, sécheresse, tempêtes, vents violents, pluies intenses, inondations…
    Sécheresse : Facteur climatique le plus limitant – de 20 à 100% de pertes de rendement (sud)
    Grêle : Perte de rendements – 5% à 50% dans le sud et 5% à 100% en atlantique.

Les enjeux résident dans la capacité de résilience des exploitations, leurs degrés de vulnérabilité et les marges de manœuvre à leur disposition.

Les mesures de résilience

L’objectif des mesures est tout d’abord de faire face à la variabilité des événements, sur le long terme, leur mise en place et leur amélioration doivent permettre de consolider la résilience des exploitations.
Compte tenu de notre géographie, les principales mesures d’adaptation des systèmes agricoles français tournent autour de :

  • La diversification : rotation, cultures, assolement, variétés, pratiques agricoles
  • La conservation des sols : raisonnement des interventions, extensification
  • La gestion des risques : accès à l’eau, santé des élevages, viabilité économique

La stabilité économique est dépendante des rendements et des prix de vente. Le potentiel économique est donc lié aux types de cultures de l’assolement. Chaque espèce va régir différemment face à un événement climatique, si une culture subit de graves dégâts, son impact économique sera proportionnel à la surface qui lui est alloué. Le risque est donc moindre dans les systèmes diversifiés.

Diversification : différencier les types de cultures (légumineuses, céréales, oléo-protéagineux, légumières…), les associer, allonger les rotations, favoriser des semences locales ou adaptées au nouveau climat. Réduire les surfaces par variétés et différencier les cycles de développement, modifier des dates de semis et de récolte, implanter couverts végétaux et des infrastructures écologiques.

Les aménagements paysagers permettent de protéger les cultures contre le froid, la chaleur, l’évapotranspiration excessive et les vents violents. Ils constituent aussi une zone refuge pour les auxiliaires des cultures, ennemis naturels des bioagresseurs.

Conservation des sols : réduire du travail du sol, améliorer l’efficacité des équipements. Eviter les sols nus (engrais vert, cultures intermédiaires, semis direct sous couvert), mettre en pâture les repousses naturelles. Développer les apports de matières organiques, diversifier le type de développement des cultures (besoins nutritionnels, type et profondeur racinaire, exsudats, …)

Keylin Design : méthode d’aménagement du paysage qui vise à augmenter la fertilité naturelle des sols par une gestion hydraulique appropriée à son sol et à son climat. L’analyse de la topographie permet de mettre en place une combinaison d’action visant à ralentir, infiltrer et stocker l’eau.

Gestion de l’eau : substituer une partie des cultures irriguées, raisonner l’irrigation. Favoriser une bonne structure de sol pour optimiser l’absorption et le stockage de l’eau (évite aussi la perte de nutriments et l’érosion).

Gestion des élevages : construire un stock fourrager de sécurité, diversifier les composantes fourragères, adapter les périodes d’alimentation aux vagues de chaleurs. Faire au mieux de l’élevage extensif (pâturage tournant dynamique, transhumance). Adapter les bâtiments (ventilation, brumisateurs) et les pâtures (agroforesterie, ombrage naturel) …

D’autres moyens peuvent être mis en œuvre pour augmenter la résilience des exploitations : prioriser la qualité plutôt que la quantité, utiliser des outils d’aide à la décision ou encore effectuer de la veille technique (produits à base d’algues pour l’enracinement, biostimulants, filets ou générateurs anti-grêle…)

Pour augmenter la résilience d’une exploitation face au changement climatique il est nécessaire de combiner les leviers en fonction des observations climatiques et d’adapter les systèmes selon le degré de vulnérabilité de l’exploitation.

La vulnérabilité des exploitations agricoles

Le projet AgriAdapt évalue « la vulnérabilité des exploitations » en fonction du risque climatique (fréquence d’expositions) et l’impact sur le rendement (pourcentage de perte).tableau

Source : projet LIFE AgriAdapt

Pour les élevages, la principale vulnérabilité se situe dans le stress thermique, plus il est important, plus le métabolisme va ralentir (arrêt de la rumination pour les ruminants) et causer la chute des rendements. Outre la souffrance thermique, les cycles fourragers peuvent être perturbés par la sécheresse.

Le projet AgriAdapt met à disposition une plateforme web simplifiée pour aider les exploitations à mieux appréhender leur vulnérabilité et identifier leurs possibilités d’adaptation (cliquer ici pour accéder à la plateforme Awa).

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