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Comment Ma Rotation Peut-elle Diminuer Le Risque Bioagresseur ?

Comment ma rotation peut-elle diminuer le risque bioagresseur ?

La construction d’une rotation dépend des objectifs et des risques liés au contexte de l’exploitation. Elle fait partie des leviers indispensables à la gestion du risque agronomique, notamment face aux bioagresseurs.

Penser rotation, dans quel but ?

La rotation est une succession culturale, plus ou moins longue, sur une même parcelle. Le choix des différentes espèces qui se succèdent doit permettre d’assurer le bon développement des cultures. Elle permet d’actionner plusieurs leviers de gestion :

Une rotation est construite autour des risques : Agronomiques, Economiques, Environnementaux et Sociaux.

Agronomie :
Maintien de la fertilité des sols, autonomie dans l’alimentation azoté (légumineuses)
Maîtrise de l’enherbement et des ravageurs.

Economie :
Cultures permettant d’assurer un revenu à l’agriculteur

Social :
Produits pour lesquels il y a de la demande et dont les débouchées sont assurés
(collecte, transformation…)

Environnement :
Dépendante des conditions pédo-climatiques : type de sol, surfaces irrigables, saisonnalité…. Une rotation bien construite permet la réduction des interventions phytosanitaires

Vos objectifs, votre rotation :

La composition des rotations va dépendre du type d’exploitation et des objectifs de l’agriculteur. On observe alors, par exemple, des pourcentages plus importants de légumineuses en agriculture biologique (pour la gestion de la fertilisation). Une alternance plus ou moins prononcé des cultures d’hiver et de printemps (céréales/légumes) pour la rentabilité. Ou encore une part des cultures pluriannuelles plus élevée, avec des espèces à dominantes fourragères (maïs, prairie temporaires), dans les exploitations avec élevage.

La diversité culturale dépend des objectifs de l’agriculteur et des risques agronomiques (sol, bioagresseurs) des parcelles.

Comment la rotation peut-elle diminuer mon risque bioagresseur ?

Une culture sera sensible aux attaques de bioagresseurs si son cycle de culture correspond :

  • Aux périodes de levée préférentielle des adventices (compétition pour les ressources, allélopathie, vecteurs de maladies) ;
  • Aux stades biologiques des ravageurs et des maladies (périodes de reproduction, phases croissantes d’alimentation).

De nombreux bioagresseurs vont avoir un lien direct avec la nature de la culture (date de semis, variété…). Leur persistance sur la parcelle peut être plus ou moins longue, on parle alors de :

  • TAD : Taux Annuel de Décroissance pour les adventices (proportion de graines qui disparaissent d’une année à l’autre)
  • D’inoculum pour les maladies et ravageur : échantillons d’organes de reproduction qui maintiennent le ravageur ou la maladie dans le sol (sclérotes, kystes, larves).

Par exemple, pour les bioagresseurs qui vivent dans le sol (telluriques), un retour fréquent des cultures sensibles et/ou hôtes va avoir tendance à réactiver l’inoculum et à maintenir le bioagresseur sur la parcelle. La succession culturale peut alors jouer un rôle clef dans la perturbation, le développement et la multiplication des bioagresseurs. Deux leviers principaux de gestion peuvent alors être mis en œuvre : la diversification des cultures et l’allongement des rotations.

Leviers et degrés de maîtrise sur les bioagresseurs en fonction de la rotation

Maîtrise_bioagresseurs_rotation

Source : (1)

Les espèces et la longueur de la rotation jouent un rôle clef dans la perturbation, le développement et la multiplication des bioagresseurs

Élaborer un système plus robuste aux attaques des bioagresseurs : diversification et allongement des rotations.

Diversification des cultures : autorégulation des populations de bio-agresseurs

Eviter une spécialisation et un développement trop important d’une population passe par la diversification de la ressource : les cultures.

L’objectif est d’empêcher, le plus possible, la concordance des phases de reproductions / d’alimentation intense des bioagresseurs avec les stades clefs de développement de la culture. Chaque année, le cycle d’une culture correspondra à un bioagresseur différent, ce qui permet de maintenir une large diversité d’espèces au sein de la parcelle. Les populations peuvent ainsi s’auto-réguler sans favoriser l’une ou l’autre des espèces.

L’alternance des cultures permet aussi de combiner plusieurs méthodes de lutte :

  • Variation des pratiques culturales (paillages, sarclages, buttages, binages, hersages, labours)
  • Variation spatiale : chaque culture/espèce va solliciter différentes strates : variétés hautes, basses, à système racinaire pivotant ou fasciculé, couvrantes ou encore étouffantes
  • Variation temporelle : cultures précoces, tardives, de printemps ou d’hiver qui vont maintenir des populations différentes et qui vont s’autoréguler entre elles (antagonisme, auxiliaires…).
Diversifier les familles et les variétés de plantes cultivés limitent la concentration des bioagresseurs et leurs capacités d’infestation de la culture.

Pour plus d’informations sur les cultures et leurs risques bioagresseurs, rendez-vous sur la docutech disponible en ligne.

Allongement des rotations : augmenter les délais de retour entre 2 cultures sensibles

Premier atout de l’allongement des rotations : rompre le cycle de développement du bioagresseur d’une année sur l’autre et maintenir les populations en dessous du seuil d’intervention. Sur du long terme, la régulation des bioagresseurs permet alors de réduire les interventions par traitements.

Délais de retour entre 2 et 3 ans :
Blé – Triticale – Orge – Colza – Maïs

Délais de retour 4 ans :
Seigle – Avoine – Soja

Délais de retour entre 5 et 6 ans :
Légumineuse – Lin – Tournesol – Pome de terre – Betterave

Source (1)

Allonger les rotations augmente le délai de retour entre deux cultures sensibles en rompant le cycle de reproduction des bioagresseurs

La gestion bioagresseur : surveiller, innover, combiner

La clef pour une bonne gestion des bioagresseurs reste la combinaison de leviers. Aucune solution ne se suffit à elle-même. Répertorier et diversifier les techniques de protection et de lutte devient alors essentiel pour une bonne maîtrise du risque.

Le partage de données, qu’elles soient sur les caractéristiques des rotations ou sur les pressions des bioagresseurs offre un référentiel solide sur les relations cultures/bioagresseurs. Cette épidémio-surveillance permet l’émergence et la diffusion de pratiques (allongement, diversification, moyens de lutte divers) et ouvre la possibilité d’une lutte intégrée et innovante pour les exploitations.

Le partage des leviers de gestion et des données relatives à l’état sanitaire des cultures permet une maîtrise plus efficace du risque bioagresseurs

Pour vous tenir au courant des alertes bioagresseurs dans votre secteur et pour partager votre expérience, rendez-vous sur l’application Agrifind Alertes téléchargeable sur Android et iOS !

Sources :

(1) Chambre d’agriculture, Grandes cultures biologiques, guide rotations

(2) INRAE

(3) Programme RotAB

(4) Pousset, 2014 – Assolements et rotations : choisir, répartir et associer les cultures

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