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Vous Avez Dit Biostiumulants ?

Vous avez dit biostiumulants ?

De plus en plus valorisé comme complément aux intrants « classiques » agricoles, les biostimulants sont identifiés comme des substances optimisant les réponses des plantes aux stress abiotiques. Ils doivent permettre aux plantes d’exprimer leur plein potentiel de rendement face aux contraintes de ressources et de conditions climatiques.

Intérêts et opportunités des biostimulants

Les biostimulants agissent sur la vigueur des plantes, ils n’ont pas d’action directe contre les bioagresseurs, ils agissent sur les capacités d’adaptation des systèmes face à des stress abiotiques (sécheresse par exemple). Ils ne substituent pas en totalité les intrants conventionnels mais peuvent en réduire l’utilisation.

Certains produits pourraient permettre une économie de 30 unités d’azote à l’hectare d’après les distributeurs. Arvalis a mis en avant un effet significatif sur l’amélioration du Coefficient d’Utilisation de l’Azote (CAU) sur blé (+4,8% à 5,5%). Autrement dit, le blé absorberait une part plus importante d’azote du sol en présence du biostimulant.

En ce qui concerne le coût d’utilisation, le prix des biostimulants reste encore assez élevé et donc majoritairement utilisé dans le cas de production à forte valeur ajoutée. D’après Arvalis, sur blé, un biostimulant peut être rentable (suivant le cours du blé) si :

  • Pour un gain de rendement de 1 q/ha le surcoût de mécanisation et d’achat du produit ne dépasse pas 20€/ha
  • Pour un gain de rendement de 2 q/ha, le surcoût de mécanisation et d’achat du produit ne dépasse pas 30-40€/ha

Leur efficacité est très variable, toujours efficace en conditions contrôlées. Les conditions optimales d’utilisation restent à bien identifier pour les interventions au champ qui sont plus ou moins fructueuses. Il y a donc encore des recherches à faire pour identifier les facteurs d’influence et les paramètres de performance.

Définitions, composition et modes d’action

Il n’est pas facile de se retrouver dans tous les termes et définitions. Ci-après, quelques éléments de compréhension :

Biocontrôle : ensemble de méthode de protection des végétaux qui repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication. Il concerne les substances soit extraite d’un matériau source naturel ; soit obtenue par synthèse chimique et strictement identique à une substance naturelle : macro-organismes ou PPP comprenant des macro-organismes, médiateurs chimiques (phéromones, kairomones) et substances naturelles végétale, animale ou minérale. Lire l’article

Stimulateurs de défense des plantes (SDP) : activent un « état de résistance » par induction spécifique des mécanismes de défense des plantes, sans action biocide directe sur la faune. Ils peuvent être de synthèse et/ou d’origine naturelle, à ce titre, seulement les SDP utilisant des micro-organismes et substances naturelles peuvent être catégorisés comme des outils de biocontrôle. Lire l’article

Biostimulants : améliorent les processus naturels et augmentent leurs efficiences (absorption, transformation des nutriments, tolérance au stress abiotique…). Considérés comme fertilisants et non comme produits de défense phytosanitaire ou de biocontrôle. Un biostimulant se caractérise donc plus par ses propriétés et ses modes d’action que par sa composition.
Il existe de nombreux mode d’action et de nombreuses substances, organiques et inorganiques, catégorisés comme biostimulants :

  • Substances issues du vivant : bactéries, champignon, levures, extraits de plantes et d’algues.
  • Substances organo-minérales ou extraite de minéraux : substances humique (acides), poudre de roche…
  • Substances de synthèse non toxique et présentes naturellement dans les organismes vivants : phytohormones, vitamines, antioxydants…
  • Substances de synthèses possiblement toxiques et étrangères dans les organismes vivants : analogues fonctionnels de l’acide salicylique…

Chaque mode d’action sera différent en fonction de la nature du(es) substance(s) du produit de biostimulant. Un produit peut alors avoir plusieurs effets, soit en agissant directement avec la plante (sur son système racinaire, foliaire…) soit indirectement en maximisant les propriétés du sol, ses processus de métabolisation et/ou en facilitant de l’accessibilité de ses éléments, composantes de rendement :

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Autant de mode d’action que de diversité de substance, les biostimulants peuvent répondre à de nombreux enjeux de qualité, de quantité et de résilience pour les productions agricoles.

Quelques exemples de biostimulants

Catégories Biostimulants Exemples
Issues du vivant Bactéries Rhizobium, Azobacter, PGPR…
Champignons et levures Glomus, Trichoderma, PGPF…
Extraits de plantes Protéines et aa purifiés, glycine…
Extraits d’algues Laminaria, Fucus…
Organo-minérales Substances humiques Acides humiques et fulvique…
Poudres de roche Silicate…
Substances de synthèse Xénobiotique ATCA
Non xénobiotique Hormones : auxine, cytokinine…
Vitamines : acide folique
Anti-oxydant : tocophérol

*Xénobiotique : substance étrangère présente dans un organisme vivant qui ne contient pas lui-même cette substance (pesticides ou médicaments).

Source : Académie des biostimulants

Le purin d’ortie : classé depuis peu en tant qui biostimulant, il est source de Fer, de Magnésium, d’azote et d’autres oligoélément qui permet de stimuler le développement racinaire et est activateur de compost (meilleure reprise des plants…).

Les champignons : associés avec les racines des plantes, les mycorhizes peuvent mettre à disposition des éléments peu bio-disponibles (phosphore) et servir de réserve nutritive pour les plantes.

Les substances minérales : le silicium est très présent sous forme minérale, organique et inorganique dans le sol (silices, silicates), il n’est assimilable que sous forme organique (silicium) par les plantes. Elément indispensable à la croissance et au développement des plantes, notamment si elles sont soumises à un stress abiotique (sécheresse, carences, toxicité). En fournissant une meilleure élasticité et résistance mécanique, il favoriserait la mobilité des éléments (nutriments et eau) dans la plante et ralentirait les processus de sénescence (antioxydant).

Les substances humiques : les acides fulviques et humique sont synthétisés via la dégradation de la matière organique du sol. Ils améliorent la disponibilité et l’absorption des nutriments et des ions métalliques du sol : croissance racinaire, adaptation et régulation de la pression cellulaire et de l’équilibre ionique.

La réglementation et le marché des biostimulants

Le marché actuel comprend plus de 300 produits de biostimulants, aujourd’hui, il existe 250 entreprises en Europe, dont 40 en France, les fournisseurs sont disponibles sur le site de l’AFAÏA.

En ce qui concerne la règlementation, les biostimulants sont soumis à la règlementation MFSC (Matières Fertilisantes et Supports de Culture), beaucoup moins contraignante que celle sur les produits de biocontrôles, soumis AMM (Autorisation de Mise en Marché) qui eux entrent dans la catégorie des produits phytosanitaires. Du fait d’une mise sur le marché plus abordable, il est estimé qu’environ 2/3 des produits du marché y sont de manière irrégulière.

Depuis le 25 Juin 2019, le règlement UE 2019/1009, harmonise toutes les Matières Fertilisantes et Supports de Culture (application 16 juillet 2022) :

  • Marché unique pour les fabricants et metteurs en marché pour l’UE (marquage CE)
  • Accessibilité égale aux produits pour tous les pays de l’UE (sans distorsion de concurrence)
  • Définition des cadres d’utilisation : règles sanitaire, seuils d’innocuité commun
  • Cadre d’homologation : critère de qualité et de performance, harmonisation de l’étiquetage

Avec un marché en forte croissance (> 10%/an) et 3 millions d’hectares traités en 2015, le marché est en pleine expansion et s’organise de plus en plus avec le regroupement des professionnels au sein de l’AFAÏA.

Le marché et le cadre réglementaire des biostimulants manquent encore de structuration mais progressent avec une forte dynamique vers une organisation plus harmonisée et encadrée.

Sources :

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