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Les Stimulateurs De Défense Des Plantes

Les stimulateurs de défense des plantes

Le contexte réglementaire (diminution des phytos, maintien de la biodiversité) ou encore l’augmentation des résistances aux traitements favorisent la diversification de la nature des interventions de gestion des bioagresseurs. De part leurs modes d’actions « indirects » et leur caractère « alternatif », les Stimulateurs de Défense des Plantes (SDP) suscitent de plus en plus l’intérêt des acteurs agricoles. Ils sont alors perçus comme une des solutions vers la lutte dite « intégrée ».

Qu’est-ce qu’un SDP ?

Les Stimulateurs de Défense des Plantes (SDP) activent un « état de résistance » par induction spécifique des mécanismes de défense des plantes, sans action biocide directe sur la faune. Ils peuvent être de synthèse et/ou d’origine naturelle, à ce titre, seulement les SDP utilisant des micro-organismes et substances naturelles peuvent être catégoriser comme des outils de biocontrôle.
Les biostimulants améliorent les processus naturels et augmentent leurs efficiences (absorption, transformation des nutriments…). Ils sont considérés comme fertilisants et non comme des produits de défense.

Efficacité des stimulateurs de défense des plantes

En fonction de sa composition et des facteurs biotiques et abiotiques, le SDP aura une efficacité variable. Son mode d’action suivra cependant la même méthodologie : activer la métabolisation de molécules de défense de la plante.

Comment agissent les SDP ?

Les SDP ont pour vocation de stimuler le système de défense des cultures, de cette manière, la plante a déjà activé ses mécanismes de défense au moment de la réelle agression. Pour les activer, les SDP se basent sur le processus naturelle présent dans les plantes :

  1. Détection : certains composés (enzymes de dégradation ou sécrétions de bioagresseurs) sont reconnus par la plante.
  2. Traitement de l’information : via des « éliciteurs » la plante va émettre une cascade de molécules d’alerte qui vont transmettre un signal activant les moyens de défense de la plante.
  3. Activation des défenses : d’abord sur la zone d’attaque puis de manière généralisée, la plante va renforcer ses parois cellulaires, produire des antibiotiques, des hydrolases ou des inhibiteurs pour se protéger et combattre l’infection. Cet état de résistance peut perdurer pendant un certain temps (jours voire semaines).

Le SDP va induire les étapes de détection et/ou enclencher l’émission de cascades moléculaires d’alertes. Il peut aussi préparer/amorcer une activation plus rapide et intense lors d’une attaque ultérieure (potentialisation) permettant à la plante d’être plus performante aux agressions extérieures, qu’elles soient dues aux bioagresseurs ou issues d’un stress biotique.
schema_SDP

Résultats et limites actuels

En 2006, Randoux et al ont évalués le nombre de colonies fongiques d’oïdium sur blé en serre avec l’utilisation d’un SDP. Celui-ci a montré une efficacité allant de 85% à 100%. En 2014, Kunz et Hinze ont eux, analysé l’incidence de la tavelure du pommier en serre. L’utilisation de SDP a révélé une efficacité très aléatoire allant de 18% à 85% (données issues de l’étude RITTMO). L’efficacité d’un SDP est donc très variable et va dépendre de plusieurs facteurs :

Le produit :

Composition, interactions avec d’autres PPP

La plante :

Stade de développement, état (stress biotique, malade, vigueur) au moment de l’intervention

Le bioagresseur

génotype, nuisibilité possible, physiologie

L’environnement :

température, humidité, luminosité, vent… Au moment de l’intervention

Le mode d’application

dose, récurrence, périodes, type de pulvérisation

Maîtriser les conditions d’application : le rôle des adjuvants

S’il est difficile de contrôler les facteurs produits, environnement et bioagresseurs ; les périodes et les méthodes d’interventions peuvent être maîtrisés pour augmenter l’efficacité du stimulant.
Les adjuvants sont des huiles, sels ou agents mouillants qui améliorent l’application et augmentent son efficacité. Ses fonctionnalités vont pouvoir corriger la pulvérisation en limitant la dérive dans les buses. Son effet humectant peut maintenir les produits en phase liquide (évite le dessèchement) et son caractère adhésif réduit les pertes par lessivage.
Ils stabilisent les propriétés physiques et chimiques des matières actives, augmentent la surface de contact et la quantité retenu par le couvert : rétention, étalement et pénétration.
Collaborateur privilégié des herbicides et fongicides, ils peuvent ainsi devenir un partenaire de choix pour amplifier l’efficacité des SDP.

Un produit de stimulation de défense va avoir un « effet vaccin ». Il n’a pas d’action directe biocide mais renforce les capacités de résistance de la plante face à une possible attaque de bioagresseurs.
L’efficacité des SDP est très variable et dépend de nombreux facteurs. L’utilisation de substances améliorantes, comme les adjuvants, peuvent augmenter la maîtrise d’application.

Pertinence agronomique et agroécologique

Une terminologie complexe, des modes d’actions divers et des molécules relevant du biocontrôle et du traitement phytosanitaire. Comment alors utiliser SDP et et en quoi constitue-t-il une solution de « lutte intégrée » ?

Réglementation autour de l’utilisation des SDP

Les types des SDP sont très divers. Ils peuvent être d’origine naturelles : minérale (calcite, silicate), végétale (extraits de plantes, algues, hormones), microbienne (champignons, levures, bactéries). Mais aussi d’origine synthétique : phosphonates, benzothiadiazoles, acides aminés….
Leur règlementation va alors dépendre de leur composition et de leur mode d’action. De manière générale, les SDP sont soumis au règlement CE n°1107/2009, tout comme les produits phytopharmaceutiques, qu’ils soient d’origine naturel ou de synthèse. Cependant, leur caractère mixte et multifonctionnel complexifie leur catégorisation (biostimulants, biocontrôle, PPP…). L’utilisation et le développement de ce type de produit impose une veille réglementaire constante le temps de clarifier sa terminologie, ses modes d’actions et molécules utilisées. Pour plus d’information sur les substances homologuées, consultez le site ephy de l’anses.

Par rapport aux produits phytopharmaceutiques (PPP)

Sans pouvoir supprimer totalement l’utilisation des PPP, les SDP sont une solution de diversification des traitements. Leur action préventive peut retarder et/ou étaler l’utilisation des phytos. En les combinant sur l’itinéraire technique, ils peuvent ainsi réduire les Indices de Fréquence de Traitement (IFT). De plus, alterner les molécules et les modes d’action permet aussi de diminuer l’apparition de résistance.

Par rapport au maintien de la biodiversité

Les SDP n’ont pas d’action biocide, des études ont montré qu’ils n’avaient donc pas d’effet sur les auxiliaires et permettait même de les attirer sur les cultures. Les mécanismes de défense induit par les SDP sont généralistes et lutte simultanément contre un large spectre de bioagresseurs, permettant de maintenir l’équilibre biologique des populations.
Cependant, certains SDP sont classés comme substances toxiques mais leurs profils toxicologiques et écotoxicologues sont très variables et doivent être réalisés au cas par cas. Des études ont déclaré que la stimulation des défenses pourrait avoir des effets négatifs sur les interactions symbiotiques (perturbation de la nodulation ou encore de la mycorhization).

De nombreuses études sont encore nécessaires pour catégoriser l’impact des SDP sur les systèmes. Il reste cependant une solution intéressante pour la diversification et la gestion des traitements de protection des plantes.

Sources :

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