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« Le sol est la base de mon système de culture » Adrien Leproux, polyculteur éleveur dans la Sarthe

Gilles CAVALLI : Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast d’Agrifind. J’interview Adrien LEPROUX polyculteur éleveur dans le département de la Sarthe. Bonjour Adrien, j’aimerais que tu puisses te présenter en quelques mots, d’où viens-tu et quelle est ton exploitation ?

Adrien LEPROUX : J’ai 32 ans, je suis agriculteur dans l’est de la Sarthe, installé depuis le 1er novembre 2010 sur 170 hectares, 122 en SCOP, 48 en prairie dont 22 en prairie naturelle. L’ensemble de l’exploitation est en agriculture de conservation en semis direct sous couvert pour les cultures et des prairies en pâturage dynamique. Sur celles-ci sont engraissées 60 génisses limousines de 9 mois à 40 mois.

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Gilles CAVALLI : Merci Adrien. Pour toi le succès d’un agriculteur, quel est-il ?

“Connaitre et comprendre son sol, c’est la base”

Adrien LEPROUX : Pour moi, c’est connaitre et comprendre son sol d’exploitation car c’est un point de départ pour tous les outils de production qu’on veut mettre en place sur son exploitation. Ensuite, il faut adapter ces productions au milieu et produire mieux de façon à sécuriser la rentabilité de son système pour gagner en indépendance tout en limitant les risques environnementaux, climatiques et économiques.

Gilles CAVALLI : Justement, par apport à cette notion de sol, j’aimerais que tu puisses développer l’importance que le sol a pour toi dans ton approche d’agriculteur. Ton approche globale du sol, quelle est-elle ?

Adrien LEPROUX : Mon approche globale, c’est que depuis ma formation agricole, j’ai toujours été passionné par le sol et mon père a franchi le pas en 2000 de d’intervenir en semis direct et depuis ce temps, j’ai toujours souhaité vouloir comprendre quelles étaient les relations entre sol et les plants. Pourquoi sommes-nous sur une ’exploitation agricole si dépendant d’intrant alors qu’une forêt ou une prairie sont, elles, autonomes ?

Gilles CAVALLI : Et du coup, ça se concrétise comment dans tes choix ?

Adrien LEPROUX : Sur mes choix, en fait, ça a été un travail de groupe entre agriculteurs, que ce soit des locaux ou pas, pour échanger, se former, surtout à observer les sols pour mieux les comprendre.

« Je tiens compte du sol dans mon système de culture »

Gilles CAVALLI : Et le lien avec l’élevage, avec l’engraissement de génisses que tu as sur l’exploitation, comment fais-tu ?

Adrien LEPROUX : Par le biais des formations, en fait, j’ai rencontré une personne qui faisait du conseil en pâturage tournant dynamique et que leur première approche, ça a été de faire un « test bêche » sur des prairies, chose que l’on faisait déjà en grande culture.

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Gilles CAVALLI : Et du coup, ce « test bêche » sur les grandes cultures, sur les prairies, est-ce que tu as réussi à optimiser justement l’utilisation des prairies, quelle est l’approche, quel est le lien que tu peux faire entre le sol et la santé des animaux ?

Adrien LEPROUX : Et bien le lien que j’en ai déduit, c’est que à partir du moment qu’un sol était en bonne santé c’est que l’herbe qui allait être dessus allait pousser et être saine et donc que les animaux derrière allaient être eux aussi en bonne santé. En optimisant le pâturage, avec le pâturage dynamique, on optimise vraiment l’herbe, donc on optimise pour que la valeur de la plante soit la meilleure pour que l’animal profite au mieux de cette plante.

Gilles CAVALLI : Est-ce que tu aurais un conseil à donner pour quelqu’un qui souhaite aller vers l’autonomie alimentaire, l’agriculture de conservation des sols, cette approche sol que tu nous as présenté, ce serait quoi la première étape ?

Adrien LEPROUX : La première étape, c’est de trouver des groupes d’échanges pour pouvoir faire des « test bêche », c’est plus facile de trouver des solutions à plusieurs que seul dans son coin.

Gilles CAVALLI : Effectivement, l’échange entre pairs, c’est un vrai moteur et un vrai facteur de progrès sur son exploitation. J’aimerais conclure cette interview Adrien, par cette question : quel est ton rêve d’agriculteur ?

Adrien LEPROUX : Le rêve sur mon exploitation, ce serait d’avoir des sols réellement productifs en supprimant au maximum les intrants et la mécanisation.

Gilles CAVALLI : Très bien ! Un bel objectif effectivement, si j’ai bien compris que tu t’emploies à réussir chaque jour, pas à pas. Je rappelle, Adrien Leproux, polyculteur éleveur dans le département de la Sarthe qui était interviewé sur le blog d’Agrifind. Merci pour cet échange et à très bientôt chers auditeurs pour une nouvelle interview. Au revoir à tous…

Et vous, avez-vous franchi le pas de l’agriculture de conservation des sols ? Votre témoignage, dans les commentaires si dessous, nous intéresse !

Pour développer vos compétences: Accédez ici à la plateforme Agrifind

Crédit photo CC : USDA et Adrien Leproux

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