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Résumé du chapitre trois du livre : Vers un big bang agricole ? Révolution numérique en agriculture de Jean-Marie Séronie

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Cet article est un résumé du troisième chapitre du livre de l’agroéconomiste indépendant Jean-Marie Séronie : « Vers un big bang agricole ? Révolution numérique en agriculture » paru en septembre 2016 aux éditions France Agricole.

Article 3/4 du résumé du livre

Allons-nous vers un Big Bang agricole ?

Agriculteurs : apprivoiser un changement du métier

L’agriculture aujourd’hui nécessite d’être bon techniquement (en agronomie et en zootechnie) et d’être bon dans la gestion de son entreprise.

Agriculture de précision …oui

L’arrivée du numérique va sans doute modifier profondément le métier par la présence de capteurs aidant à la décision, de robot réalisant certaines tâches, d’automatisme permettant la régulation sans intervention humaine.

…mais surtout agriculture de décision !

On dépassera sans doute l’optimisation technique des pratiques actuelles pour atteindre de véritables leviers d’évolution de tout l’écosystème agricole.

Mais surtout le traitement en temps réel des données générées comparées à des données historiques ou d’environnement constitue une innovation majeure car elle conduit à l’agriculture de décision. Non pas que l’agriculteur n’aura plus aucun rôle à jouer mais au contraire fort de toutes ces informations factuelles il prendra les décisions en s’appuyant également sur son vécu, son expérience et son intuition.

De la gestion des équipements… au système de gestion de l’entreprise

Jusqu’à présent tous les systèmes informatiques sur une exploitation aussi performante et connectée soit-elle sont séparés les uns des autres et la saisie unique des informations est un mythe. Cependant trois évolutions sont en cours :

· un système global de gestion de l’entreprise agricole est plausible grâce au cloud notamment,

· les données saisies pourront être enrichies des données produites par les capteurs à l’échelle de l’exploitation voire consolidées car mise en commun entre les exploitations agricoles ; reste la question de comment en tirer la plus grande valeur pour l’écosystème agricole,

· les connexions s’établiront également avec les fournisseurs et les clients. Un véritable système de gestion de l’entreprise agricole intégré, autonome et ouvert verra le jour.

Des routines générales … aux alertes individualisées

Le métier de base ne changera pas mais la manière de l’exercer se modifiera en profondeur. Le travail au bureau à analyser des données sur ses champs ou ses animaux prendra de plus en plus d’ampleur et l’observation brute ne sera plus le seul élément sur lequel se baser pour prendre les décisions. De plus le choix fait pourra, grâce aux outils de précision, être plus fin qu’un simple « tout ou rien » sur la fertilisation d’une parcelle par exemple. Cette nécessité de raisonner en partie par l’abstraction est probablement un élément les plus perturbateurs de cette révolution en cours.

De la propriété … à l’usage

La location de matériel agricole avec ou sans chauffeur est largement favoriser par le phénomène de plateforme qui va probablement s’étendre aux concessionnaires ou coopératives tant la notion d’usage prend le pas peu à peu sur la notion de propriété même si cela vient à l’encontre d’un réflexe patrimonial ancestral.

Le numérique au service de la flexibilité

A l’instar de l’échange de machine, pourquoi ne pas imaginer, toujours grâce à une plateforme, de l’échange ou de la location de capacité de production agricole pour une saison. Le terrain ou la bande de porc seraient ainsi louer d’un agriculteur à un autre. Le locataire assumerait le risque sur la marge brute comme s’il produisait lui-même. Ce type de plateforme de gestion d’exploitation virtuelle apporterait une dimension flexible supérieure de l’exploitation actuelle : le cumul des avantages de la spécialisation et de la diversification grâce au numérique.

Mutualiser ses compétences et gagner en autonomie

Nous verrons certainement apparaître des plateformes d’échanges de pratiques et de comparaisons de résultats technico-économique directement entre agriculteurs. Ce partage d’expérience et d’information nécessite de faire confiance à l’interlocuteur et à la structure qui collecte toutes ces informations. Cette dernière pourra les rendre disponible de façon agglomérée.

Accéder directement aux fournisseurs comme aux clients

Si moi agriculteur je vois l’intérêt de communiquer directement avec mes clients (en vente direct ou non d’ailleurs) je vais mettre en ligne des photos, des vidéos car on vend avant tout une histoire, de l’immatériel. De leur côté les fournisseurs ont besoin de centraliser des données dans leur base pour pouvoir ajuster au mieux leur offre. Des services complémentaires et adaptés pourront être ainsi être proposés mais l’agriculteur pourra avoir le sentiment de s’être laissé déposséder de ses propres données. Pour la traçabilité, le numérique apporte simultanément l’automatisation de l’enregistrement des données et l’outil de transmission de l’information qu’est la plateforme.

La question de la taille de la ferme digitale

Le numérique apporte trois types d’outils : (i) des automates et des automatismes, (ii) des outils de mesure et de traitement des données, (iii) des plateformes d’échanges et de communication. L’augmentation de la taille des exploitations due au niveau d’investissement plus élevé, aux possibilités nouvelles en matière de surveillance et aux compétences nécessaires pour réussir le métier d’agriculteur en sera la très probable conséquence. Le pilotage de grande entité s’en trouvera ainsi facilité à condition que le niveau d’abstraction qui permet d’interpréter toutes les données correspondant à une réalité mise en chiffre vienne s’ajouter aux compétences agronomiques et zootechniques de l’agriculteur.

Quels gains espérés pour les agriculteurs ?

Des gains d’efficacité économique, des meilleures conditions de travail (moindre pénibilité, facilité de gestion) et une communication facilitée avec la société dans son ensemble sont attendus.

Distributeurs agricoles : optimiser et innover

Réduire l’incertitude et optimiser la logistique

Le numérique aidera sans doute les entreprises collectrices des productions agricoles à mieux prévoir et à mieux gérer l’hétérogénéité des lots qui leur sont livrés. Le croisement et l’analyse des données provenant de la demande des clients et des consommateurs avec celles portant sur l’offre permettra de réduire l’incertitude et donc de faciliter le travail de planification de la production (et de son ajustement), de la collecte, de la mise en lot et de la transformation au risque d’être accusé d’ingérence ou d’intégration.

Professionnaliser l’approche marketing

Le numérique va ajouter un étage supplémentaire aux relais essentiels que sont les technico-commerciaux sur le terrain en simplifiant l’agrégation et la valorisation des nombreuses données que la coopérative ou le négoce possèdent sur ses clients et ce de façon complémentaire à la connaissance empirique des hommes de terrain.

Sécuriser sa relation client

Des plateformes d’intermédiation directe pour les achats d’intrants comme pour les ventes des produits des exploitations agricoles se mettent en place. Si elles s’imposent dans le paysage agricole, l’ensemble du secteur de la distribution va évoluer rapidement inventant de nouveaux liens avec leurs clients permettant ainsi de se dégager de la gestion des routines pour se consacrer aux exceptions.

Firmes agro-industrielles : se rapprocher des agriculteurs

Communiquer en direct

Les firmes agro-industrielles privilégient jusqu’à présent leur partenaire historique de distribution, intermédiaire entre elles et les agriculteurs, et proposent à leur force de vente des outils d’aide à la décision. Pourquoi, ne passeraient-elles pas en direct pour la vente et le conseil de leurs propres produits ? (A moins que le ministère de l’Agriculture n’arrive à ses fins en imposant la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires.)

Dans ce cas trois acteurs distincts se compléteraient concernant : la prescription, la vente et la logistique. Deux autres points accentueraient cette rupture importante : le développement des plateformes d’intermédiation directe, la stratégie des firmes de s’adresser directement aux agriculteurs.

Innover en conseil

Les machines agricoles générant de plus en plus de données le positionnement respectif des constructeurs, des distributeurs de matériel, des agriculteurs et également des organismes de conseil va évoluer. En effet, le suivi à distance de l’usure du matériel modifiera la relation distributeur – agriculteur et les très nombreuses données enregistrées et traitées donneront aux constructeurs de réelles opportunités de conseillers les agriculteurs en direct via leurs plateformes.

Conseils et services : muter rapidement ou disparaître

De nouvelles concurrences

L’échange entre agriculteurs via des plateformes pouvant aussi bénéficier à des conseillers indépendants vient s’ajouter à ce qui a été dit précédemment sur l’activité plausible renforcé de conseil des firmes agro-industrielles et des constructeurs de matériel.

Des modèles économiques bousculés

Par ailleurs, les organismes de contrôle de performance, les centres de gestion et les distributeurs conseillent au quotidien les agriculteurs et rentabilisent leurs conseils par la marge réalisée sur d’autres prestations ; ors ces prestations, à cause du numérique, risquent d’être fortement réduite ce qui va probablement conduire à une modification importante de l’ensemble du conseil agricole y compris celui réalisé par les chambres d’agriculture qui, confrontées à une baisse des subventions, sont amenées à augmenter leur tarif.

Un flux d’information inversé

Le conseiller sera de plus en plus sollicité pour aider à l’analyse des données générées sur l’exploitation et non pour témoigner de résultat d’essai.

Mutations des hommes et des structures

Le temps consacré par les conseillers en agriculture à transmettre aux agriculteurs des connaissances ou des informations est amené à disparaître au profit de diagnostic d’apport de méthode, d’analyse, d’appui au décryptage de données,… Les besoins d’accompagnement évoluent fortement sous l’effet des deux transformations numérique et agroécologique de l’agriculture. Soit cela crée une crispation de la part des organismes en place avec sans doute des réorganisations territoriales classiques, soit des mouvements nouveaux vont s’opérer : rapprochement du conseil de gestion et du conseil technique par exemple ou coopération entre les acteurs historiques et les nouveaux entrant que sont les start-up.

Consommateurs : à portée de mains des agriculteurs

Le supermarché augmenté

Le numérique pourrait rapprocher les deux bouts de la chaîne alimentaire : agriculteur, transformation agroalimentaire, distribution, consommateur de trois manières :

· La traçabilité sera renforcée.

· La mise en scène de l’agriculture et des agriculteurs seront facilités.

· Les informations transmises seront plus nombreuses, précises et finement affectées.

Déguster une belle histoire

De plus la vente directe se verra impactée par la vente en ligne mise en lumière par de l’image, du son, des vidéos produites par les agriculteurs et accessibles à tous.

A SUIVRE

Les quatre chapitres de cet ouvrage font l’objet de quatre articles distincts. Vous pouvez donc lire les autres chapitres en vous référent aux articles correspondant.

Si vous avez appréciez la lecture de cet article ou l’écoute du podcast, vous pouvez les diffuser à la personne à laquelle vous pensez en ce moment.

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