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« La Connaissance Et L’intelligence Sont Les Intrants Les Plus Importants En Agriculture » Alexandre Carré Agronome

« La connaissance et l’intelligence sont les intrants les plus importants en agriculture » Alexandre Carré Agronome

Gilles Cavalli : Bonjour, et bienvenue dans ce nouveau podcast d’Agrifind, je suis en compagnie d’Alexandre carré, qui est ingénieur agronome, chargé de communication.

Alexandre Carré : Je voudrais compléter la présentation que tu as fait de moi, je suis ingénieur agronome formé à l’université d’Angers en technologie du végétal, j’ai travaillé dans une grosse coopérative agricole au profit des agriculteurs en tant que technicien de production de semences, puis dans un service recherche et développement en techno-semence . Depuis maintenant 2 ans je travaille pour l’interprofession semencière et toujours basé en région angevine.

Gille Cavalli : L’idée de l’échange c’est d’aborder les thèmes liés à différents types d’agricultures : Concernant l’agriculture biologique, l’agriculture de conservation, l’agriculture de précision et par rapport à ton expérience et tes métiers passés et actuels, est-ce que tu pourrais exprimer quelles sont les convergences, divergences que tu peux observer sur ces types d’agricultures. Est-ce que ce sont des modèles d’ailleurs ?

« 3 clubs : AB, AC et AP »

Alexandre Carré : Je pense qu’on peut les considérer comme des modèles, mais ça va surtout tenir à ce que je vais noter comme principale divergence. Je pense que la divergence est principalement idéologique. D’une certaine manière quand on est partisan d’un de ces types d’agriculture, c’est comme appartenir à un club, on fréquente des gens qui pratiquent le même type d’agricultures que nous, et c’est ce que je remarque souvent en discutant avec des agriculteurs qui sont des fervents défenseurs d’un type d’agriculture, on ne sort plus toujours du contexte dans lequel on s’est ancré au début de la conversation. Donc ça c’est pour moi la principale divergence, qui est idéologique.

agriculture-biologique

Après effectivement on va dire que les agriculteurs bio vont miser sur une vision écosystémique de leurs parcelles et c’est ce qui extrêmement intéressant chez eux, je dis parcelle, d’ailleurs c’est un abus de langage, ce qui est intéressant chez eux c’est qu’ils vont visualiser leur système agricole dans son intégralité, leur exploitation dans son intégralité. Ils intègrent la ou les parcelles dans un système beaucoup plus grand, plus vaste. Ils se sont imposés un cahier des charges très contraignants, le fait de ne pas pouvoir utiliser des pesticides issus de la chimies, ils en utilisent d’autres, naturels comme les sels métalliques etc, mais ils ont cette contrainte finalement de ne plus pouvoir utiliser des pesticides issus de la chimie de synthèse et derrière ça leur ouvre un certains nombres de perspectives parce que c’est souvent des contraintes que naissent les opportunités. Ils sont obligés d’être beaucoup plus imaginatifs, pour pallier aux problématiques de maladies, de parasites, climatiques et de production. C’est ce qui rend cette agriculture particulièrement intéressante.

agriculture de conservation

L’agriculture de conservation mise sur le sol. C’est extrêmement intéressant aussi c’est une démarche qui est assez récente en France, une quinzaine d’année, qui est vraiment en train de vivre son développement. C’est une démarche qui a déjà débuté en Amérique du sud et du nord bien avant que l’on commence à en parler chez nous. Eux vraiment misent sur la vie du sol. Ils vont réduire voir supprimer le travail du sol et c’est aussi d’une certaine manière devoir lutter contre certaine contrainte vis-à-vis des mauvaises herbes en priorité donc eux sont obligés de déployer d’autres systèmes ingénieux finalement pour pouvoir se passer du travail des sols et donc ils y intègrent le principe de la rotation redevenant un élément clef de leur système et des couverts végétaux, c’est donc l’agriculture de conservation qui mise vraiment sur la partie vivante des sols afin de restaurer ce qu’ils appellent un volant de fertilité et d’envisager de déplafonner les rendements.

agriculture-precision

Enfin l’agriculture de précision dont on parle beaucoup en ce moment touche tous ceux qui vont utiliser les systèmes connectés, les capteurs, les images satellites ou issues de drones, qui vont utiliser pourquoi pas à l’avenir les robots , on commence aussi à en parler c’est ceux qui misent vraiment sur l’apport, les apports de la technologie qu’elles soient celles que l’on intègre sous l’acronyme NBIC, nanotechnologies, biotechnologies, informatiques, et NTIC,  se référant aux méthodes de communication. C’est entre autres sur le réseau social twitter que je fréquente beaucoup on voit que les agriculteurs utilisent ces nouveaux systèmes de communication et c’est aussi l’occasion de voir que beaucoup s’intéressent aussi à cette agriculture de précision qui intègre énormément de choses actuellement et surtout qui est pleine de promesses.

« Les agricultures biologique, de conservation et de précision ont toutes un point commun : produire plus et mieux »

Donc là c’était pour distinguer leurs divergences, mais clairement, toutes ces agricultures convergent vers un but commun pour tous, c’est produire plus et mieux. A partir du moment où il y a des convergences aussi fortes à mon avis ce sont des agricultures qu’il ne faut pas opposer qu’il faut plutôt observer et il faut essayer de voir tous ce qui peut les rapprocher les unes des autres et à mon avis c’est de toutes ces convergences que naitra l’agriculture de demain. L’agriculture du futur c’est une agriculture qui va forcément aller chercher dans toutes ces tendances dans tous ces types d’agricultures, le meilleur pour inventer une agriculture qui reste à inventer mais qui est extrêmement intéressant de voir naître.

Gilles Cavalli : Donc si je comprends bien le propos c’est de dire : ok, il y a le parti pris de base et le côté éminemment investi dans un type d’agriculture. L’idée c’est d’aller aussi regarder chez le voisin pour progresser, échanger et bâtir ensemble le modèle agricole du futur, avec toutes les exigences que l’on connait. Ce serait peut-être ça le conseil ou le message à faire passer au monde agricole ?

« La connaissance et l’intelligence sont les intrants les plus importants de l’agriculture »

Alexandre Carré : Oui, je pense et sachant qu’en fait, toutes les agricultures misent sur deux éléments de bases : la connaissance et l’intelligence qui sont finalement les intrants les plus importants de l’agriculture, et ils misent tous là-dessus. Que ce soit ceux que l’on appelle les TCSistes et les SDistes qui pratiquent l’agriculteur de conservation, que ce soit les agriculteurs bio, que ce soit ceux qui misent sur les nouvelles technologies. Tous ceux-là misent sur le savoir la connaissance et l’intelligence. Et je rajouterais à cela le partage, effectivement la connaissance et l’intelligence sont importants à acquérir mais il est également encore plus important de les partager. Et je trouve intéressant la démarche d’Agifind qui mise là-dessus en donnant de la valeur au savoir de l’agriculteur et surtout en participant vraiment à la naissance et à l’émergence de l’agriculture de demain en partageant ce savoir.

Pour moi c’est vraiment la clef de la naissance d’une agriculture qui répondra aux attentes de l’environnement, du grand public et aux agriculteurs qui sont des chefs d’entreprises et qui ont une entreprise à faire vivre, et souvent le cas de tous ceux que j’ai rencontrés, à travers une passion qui les anime c’est extrêmement important pour eux de vivre de leur métier et de partager ce qu’ils savent. Mais cela implique d’aller voir ce que les autres savent aussi ; pour moi et c’est vraiment le message que j’aurais envie de te faire passer, mais je crois qu’il y a une prise de conscience assez forte, et la naissance de démarche comme celle d’Agrifind et de nombreuses autres vont vraiment dans ce sens-là. Je suis assez confiant et optimiste sur ce que sera l’avenir de l’agriculture puisqu’à mon niveau j’observe des synergies, des échanges, une émulation autour de toutes ces nouvelles méthodes qu’ils ne faut pas voir par le bout de la lorgnette mais vraiment intégrer de façon globale dans un système en marche.

« Le partage du savoir agricole, c’est la clef de la naissance d’une agriculture qui répondra à toutes les nouvelles attentes. »

Merci pour ce témoignage et cette vision, cette appréciation du monde agricole actuel. Effectivement, en conclusion on pourrait dire que l’agriculture est de plus en plus intensive en termes de connaissance et que l’aspect lié au partage des informations et des techniques intra-agricultures biologique, agriculteur de conservation des sols, de précision ou extra en les mettant en liens est vraiment une clef pour réussir son métier d’agriculteur d’aujourd’hui.

J’étais donc avec Alexandre Carré Aujourd’hui qui est ingénieur agronome chargé de communication et qui est très facilement joignable via les réseaux, très actif sur twitter. Merci à tous chers auditeurs d’être à l’écoute d’Agrifind et à très bientôt pour un nouvel échange avec un acteur du monde agricole. Au revoir à tous !

Et vous, adhérez-vous à l’un des clubs cité dans cette interview ? Qu’est-ce que votre démarche vous apporte dans votre métier ?

Pour développer vos compétences: Accédez ici à la plateforme Agrifind

Crédit photo : FAO / AB /Novartis AG et http://regard-sur-la-terre.over-blog.com/pages/La_precision_des_satellites_pour_une_agriculture_de_precision-2837892.html, http://thaifirst.com/smart-farm-thailand/

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