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« Je Fais Du Bas Volume Avec Un Pulvérisateur De 1986 » : Guillaume Soyeux Céréalier Dans L’Aisne

« Je fais du bas volume avec un pulvérisateur de 1986 » : Guillaume Soyeux céréalier dans l’Aisne

Gilles Cavalli : Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast d’Agrifind. Aujourd’hui je suis en compagnie de Guillaume Soyeux. Le sujet de notre conversation va être principalement tourné autour du « bas volume », mais auparavant, j’aimerais, Guillaume, que tu puisses te présenter et présenter ta structure.

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Guillaume Soyeux : Je suis jeune agriculteur, à la limite Aisne/Ardennes, en double activité. Je me suis installé depuis 2014 sur une petite exploitation familiale d’à peu près 100 hectares, après 7 années passées comme technicien conseil et expérimentateur dans un CETA qui était spécialisé dans le bas volume et la réduction de dose.

Gilles Cavalli : Concernant un thème assez vaste «  la réussite d’un agriculteur », toi qui viens de t’installer, comment tu la définirais?

Guillaume Soyeux : C’est un peu généraliste, on peut un peu tout mettre dedans, mais principalement pour moi à court terme, ce serait déjà de pouvoir vivre décemment de mon métier. Aujourd’hui avec des prix des céréales qui sont au plus bas, cela passe par une compression maximale des charges et également une optimisation de mon temps de travail afin de le valoriser au mieux à l’extérieur de mon exploitation.

Gilles Cavalli : Et justement, est-ce que cette thématique « bas volume » fait partie de la stratégie de réduction de charges ? Est-ce que tu peux nous dire un petit peu plus sur ce que tu mets en place sur ton exploitation et les bénéfices?

En traitant dans les meilleures conditions j’estime des économies de « phyto » de l’ordre d’environ 25%”

Guillaume Soyeux : Pour moi, le bas volume, je l’ai mis en place progressivement. Cela me permet de maximiser mon débit de chantier au niveau de mon pulvérisateur afin, d’une part d’exploiter au mieux les créneaux de conditions optimales pour la protection des cultures, d’autre part de me dégager du temps, en traitant dans les meilleures conditions j’estime des économies de « phyto » de l’ordre d’environ 25% ce qui représente quand même plusieurs milliers d’euros pour une exploitation de taille moyenne comme la mienne.

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Gilles Cavalli : Et en terme de temps de travail, est-ce que tu as réussi à évaluer le bénéfice?

Guillaume Soyeux : Ce n’est pas forcément évident à chiffrer. Après, tout dépend les configurations du parcellaire mais en gros on va dire aujourd’hui, j’arrive à suivre tout seul et correctement, sans trop travailler le week-end, environ 300 hectares de grandes cultures.

Gilles Cavalli : D’autres précisions, un petit peu pratiques, techniques, pour quelqu’un qui est interpelé par ce « bas volume ». Est-ce que tu as décelé quelques limites à ce système-là et à la valorisation et à l’utilisation du  « bas volume » ?

Guillaume Soyeux : Oui bien sûr, il y a quand même quelques limites, comme toute « technique nouvelle ». On va dire déjà quelques petites limites techniques ou matérielles, bien souvent il faut envisager un changement de buse et de filtre. Cela représente quelques petites centaine d’euros de modification. Cela permet globalement à tous les pulvérisateurs déjà de descendre à des volumes, on va dire, peu risqués de l’ordre de 80 à 100 litres. Après, on peut pousser un peu plus loin, personnellement, moi je travaille avec un appareil de 1986 qui était initialement prévu pour un volume de 150 à 200 litres avec lequel je suis descendu rapidement à 65 litres et aujourd’hui j’ai même poussé les choses un peu plus loin pour pouvoir descendre jusqu’à 45 litres quand c’est nécessaire.

Après, pour moi, les principaux freins ne sont pas réellement dans le matériel, mais plus dans les gens et la technique, les connaissances. Bon, déjà d’une part il y a une appréhension générale des agriculteurs due surtout à un manque de connaissances sur le sujet, ou un manque de connaissances dans son entourage pour se faire accompagner là-dedans. Des questions toutes simples du genre : qu’est-ce qu’il faut choisir comme adjuvant, qu’est-ce qu’il faut faire ou ne pas faire comme mélange ? Ou des fois aussi il y a des freins par rapport à des fausses idées qui circulent du genre : si on met moins d’eau, on va perdre de l’efficacité, je ne suis pas d’accord là-dessus, quand on fait attention aux bonnes conditions de traitement c’est même plutôt d’ailleurs le contraire, on a plutôt des problèmes de suractivité et de surdosage, on va dire notamment avec des régulateurs qui, comme un peu la culture, on est amené au fur et à mesure des années à revoir encore à la baisse certaines doses pour s’ajuster par rapport à ce surplus d’efficacité. Après, il y a quelques astuces simples à connaître, c’est un peu la raison pour laquelle je me suis inscrit sur Agrifind, c’est pour pouvoir les partager avec ceux qui en ont besoin.

Gilles Cavalli : Est-ce que pour toi, la réduction du volume s’accompagne systématiquement de réduction de la dose ?

Le « bas volume » est un moyen d’avoir un maximum de débit de chantier dans des conditions optimales”

Guillaume Soyeux : Non, ce n’est pas systématique. Cela dépend de l’objectif recherché. En désherbage par exemple, on cherche à avoir absolument du 100% d’efficacité dans des situations de dérives de sensibilité par exemple aux sulfonylurées faut peut-être plutôt voir le « bas volume » comme le moyen d’avoir un maximum de débit de chantier dans des conditions super optimales de façon à garantir le 100% et à ce moment-là, il faut peut-être pas forcément rechercher la réduction de dose. Après, par exemple, en fongicide, où là on est plutôt sur un rapport efficacité/prix, on peut se dire en traitant dans des conditions très optimales, tu peux aller chercher 15 à 20 euros l’hectare d’économie sur le dossier fongicide.

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Gilles Cavalli : Merci beaucoup de cet aperçu d’éléments beaucoup plus techniques et on se rend bien compte que ce type de choix se fait mûrement réfléchi et pas à pas. Une dernière question pour conclure cet entretien : ton rêve d’agriculteur, quel est-il ?

Guillaume Soyeux : On en a plein des rêves, mais si déjà je pouvais transmettre une exploitation viable à mes enfants, tout en étant fier de mon métier et de ce que je produis, cela sera déjà pas mal.

Gilles Cavalli : Effectivement, le fait de pouvoir entreprendre et d’avoir ce patrimoine à transmettre en tant qu’entrepreneur et en tant qu’agriculteur, quelque chose de viable aujourd’hui et demain, c’est un beau challenge et un joli rêve. Merci beaucoup Guillaume Soyeux, je rappelle, céréalier installé dans l’Aisne.

C’était Gilles Cavalli pour le blog d’Agrifind, et à très bientôt pour une nouvelle interview d’un agriculteur.

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Crédit photo : Guillaume Soyeux

Et vous, avez-vous une expérience du « bas volume » ? Si oui, vous pouvez en faire part dans les commentaires ci-dessous.

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