L’agriculture de précision a débuté au milieu des années 1980 aux Etats-Unis et au cours des années 1990 en France. En couplant technologies (géomatique, informatique, électronique) et agronomie, l’agriculture de précision apporte aux agriculteurs des solutions permettant l’amélioration des performances économiques et environnementales des productions. Elle facilite la réalisation des travaux grâce à un pilotage sur mesure intra-parcellaire et non standardisé. La maîtrise de la consommation de ressource (intrant, énergie, eau, finance…) afin de produire mieux est à la base de cette dynamique. Dis très simplement c’est la bonne dose, au bon moment et au bon endroit.

Les bénéfices de l’agriculture de précision

Les bénéfices attendus pour les exploitants agricoles sont entre autres :

  • un confort de travail amélioré ;
  • une montée en compétences en agronomie ;
  • une meilleure conduite des cultures ;
  • une meilleure compréhension du fonctionnement du couple sol-culture en lien avec la météo ;
  • des économies d’intrants qui, répartis plus judicieusement, sont mieux valorisés ;
  • une meilleure utilisation des intrants donc un moindre impact environnemental ;
  • l’amélioration de l’image du métier.

agriculture de precision drone agricole

Le principe de l’agriculture de précision

L’agriculture de précision se base sur :

  • la gestion parcellaire et intra-parcellaire ;
  • l’optimisation des rendements et des coûts de production ;
  • une meilleure prise en compte du contexte pédoclimatique (nature du sol et météo) ainsi que de la végétation.

Cette approche fait désormais pleinement partie de la vague des Ag Tech et du smartfarming qui mettent en avant tout le potentiel des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle au bénéfice de la production agricole.

L’agriculture de précision : mode d’emploi

Le rendement est affecté par de nombreuses variables telles que : le type de sol et la topographie, les précédents, les bioagresseurs présents, l’irrigation, la date et la densité de semis…

Sur bon nombre de ces aspects l’agriculture de précision apporte des solutions concrètes d’amélioration.

3 matériels sont indispensables :

  • Un système de positionnement GPS ;
  • Un épandeur à engrais et/ou un pulvérisateur et/ou un semoir doté(s) de la capacité de varier les doses en continu ;
  • Un boitier donneur d’ordre pour intégrer les fichiers de modulation et gérer le réglage du matériel en fonction de sa localisation dans la parcelle.

barre de guidage agricole gps agriculture de précision

Illustration de l’agriculture de précision

Le cheminement de toute intervention sur le végétal passe par 3 phases : J’observe puis je décide et enfin j’agis.

Par exemple, j’observe un déficit hydrique à l’aide d’un piézomètre donc je décide d’irriguer puis je vais mettre en route l’enrouleur.

Les outils qui concrétisent l’agriculture de précision viennent se placer dans une ou plusieurs de ces 3 étapes.

Outils d’observation

La station météo connectée est positionnée dans un champ, toutes les 15 minutes, elle envoie automatiquement des informations de pluviométrie, d’hygrométrie, de vitesse du vent, de température de l’air sur un ordinateur.

En plus des stations météorologiques intelligentes, il existe d’autres objets connectés, caméras, capteurs et machines de terrain aux réglages proactifs comme le capteur N-Sensor ALS. L’agriculture peut désormais compter sur des images satellitaires ou prises par des drones. Ces derniers, peuvent réaliser des tâches variées allant de la surveillance à la détection en passant par l’observation et la collecte de données.

L’ensemble de ces outils apportent une perception du monde inconnue jusque-là car beaucoup plus complète et précise. Cela ne signifie certainement pas que l’expérience et le savoir-faire de l’agriculteur n’a plus de valeur, au contraire, c’est à lieu d’intégrer, de tenir compte de ces paramètres nouveaux pour exercer son métier au mieux.

drone agricole agriculture de precision

Outils d’aide à la décision

Les données météo sont utilisées pour alimenter des modèles informatiques qui préviennent des risques de maladies (mildiou, septoriose…) ou les risques météo comme le gel par exemple.

L’analyse de la santé des sols et des végétaux est désormais facilitée grâce à de nouveaux outils afin de détecter plus facilement une possible contamination, la prolifération de microbes ou encore des mutations génétiques nuisibles. Algorithmes, reconnaissance d’images et vision par ordinateur permettent d’identifier l’état et les besoins des champs en temps réel à l’aide d’un simple smartphone par exemple. Souvent, ces nouvelles solutions agrègent outils observation et aide à la décision.

L’analyse de la santé des sols et des végétaux est désormais facilitée grâce à de nombreux outils pouvant détecter plus facilement une possible contamination, la prolifération de microorganismes ou encore des mutations génétiques spontanées nuisibles. Parmi ces outils, les algorithmes, la reconnaissance d’images et vision par ordinateur permettent d’identifier l’état et les besoins des champs en temps réel à l’aide d’un simple smartphone par exemple. Souvent, ces nouvelles solutions agrègent outils observation et aide à la décision.

La capture des informations parcellaires par drones ou satellites permet l’élaboration de cartographies agronomiques ultra précises, avec des évaluations de risques de maladies ou des conseils de fertilisation.

Ce sont bien des outils d’aide à la décision et non des outils de prise de décision ! La différence est fondamentale. Les algorithmes et modèles sont bien le fruit d’une construction humaine qui a fait des choix. Les préconisations (de fertilisation notamment) qui en ressortent sont basées sur des postulats et des hypothèses, certes étayées, mais qui retranscrivent ni plus moins que la compréhension des concepteurs du fonctionnement des végétaux pour conseiller, dans cet exemple de l’amendement. Les conseils qui en découlent seraient très probablement différents avec d’autre postulat et une autre compréhension du fonctionnement des végétaux.

Outils d’intervention

Les cartes créées à l’aide de logiciels spécifiques, Farmstar par exemple, sont envoyées sur la console du tracteur et servent à faire de la modulation. Pour cela 3 éléments sont nécessaires : un GPS et un outil capable de moduler muni du boitier donneur d’ordre.

La balise RTK envoie un signal de positionnement au tracteur et permet ainsi un autoguidage précis à 2 centimètres près. C’est un outil adéquat pour le semis et le binage de précision. Pour la modulation d’intrant, les 25 centimètres de précision d’une barre de guidage GPS classique, telle que vous pouvez la trouver dans la rubrique agriculture de précision sur Agrizone, sont suffisants.

Les épandeurs à engrais peuvent être équipés de régulation du débit, tel que le DPA : Débit Proportionnel à l’Avancement ; ou le DPAE : Débit Proportionnel à l’Avancement Electronique avec contrôle massique du débit (système de pesée embarquée). Ces automatismes peuvent corriger les variations de fluidité de produit au cours de l’épandage si les conditions changent (température, hygrométrie de l’air…). Un logiciel de conversion permet de faire le lien entre les cartes et le boîtier de l’épandeur.

Autre exemple, le capteur N-Sensor ALS est monté sur la cabine d’un tracteur et enregistre la réflectance de la végétation afin de calculer une fertilisation supposée être plus proche des besoins de la plante. Le débit de fertilisant azoté est alors régulé par le calculateur embarqué.

La modulation de la quantité de produits phytosanitaires est permise à l’aide des systèmes de coupure automatique de tronçon, voire coupure automatique de chaque buse du pulvérisateur. Ce système permet sans intervention du conducteur d’éviter les doublons et les manques de produits phytosanitaires, et ce, même à grande vitesse.

Le pilotage de l’irrigation peut lui aussi devenir très abouti et s’adapter l’apport en eau à la réserve utile et à la « profondeur du sol » afin d’éviter les nécroses dues à la sur-irrigation par exemple.

Une agriculture de riche ?

Alors l’agriculture de précision est-elle une agriculture de riche ? Est-elle réservée à une élite, aux grandes exploitations, aux grandes parcelles ?

Cela dépend de l’échelle à laquelle on souhaite apporter une réponse à cette question. Au niveau planétaire, clairement, l’agriculture de précision n’est accessible qu’à un très petit nombre d’agriculteurs. Au niveau français, sous bien des aspects la réponse serait également « oui » car elle nécessite un double investissement (acquisition de compétences et de connaissances en plus du matériel pour être en mesure de la prendre en main et de bénéficier pleinement de son potentiel.

D’un autre aspect, l’agriculture de précision en France s’adresse à tous ! En effet, un bon nombre de matériel récents qui sont présents sur les exploitations pourraient être utilisés à leur plein potentiel et apporter cette fameuse « modulation », d’autres part les offres d’accompagnement sont de plus en plus nombreuses et performantes. L’agriculture de précision est une agriculture de pointe certes, mais le temps des pionniers « défricheurs – bidouilleurs » fait place à une utilisation susceptibles de toucher un plus grand nombre de professionnels car les solutions techniques sont aujourd’hui plus matures et donc plus faciles d’utilisation.

Quelques questions avant de vous lancer :

  • Qu’est-ce que j’attends, moi personnellement, d’un tel engagement ?
  • Quels sont mes axes de progrès les plus importants ?
  • Où trouver un accompagnement fiable sur lequel je puisse compter durablement ?
  • Quelles interventions puis-je d’ors et déjà moduler avec mes équipements actuels ?

Agriculture de précision : la bonne dose, au bon endroit, au bon moment

En conclusion, les parcelles agricoles étant hétérogènes, l’agriculture de précision a pour but d’optimiser les apports de façon à baisser les charges opérationnelles et optimiser le potentiel de rendement. Cela consiste à moduler les interventions (semis, engrais, produits phytosanitaires) en fonction des zones d’hétérogénéité diagnostiquées à l’aide d’outils d’observation performants.

L’agriculture de précision au sens large s’adresse au plus grand nombre mais sous certains aspects, elle reste encore difficile d’accès.

Article sponsorisé par Agrizone.net

Crédit photo : Agrizone.net

Et vous, avez-vous passé le cap de l’agriculture de précision ? Vos avis nous intéressent.

Sources : Wikipedia, beapi.coop, demain.fr, actuia.com, 20minutes, Terre-Net, agriculture-de-precision, Invivo-group

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *