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Manipuler des semences traitées = manipuler des phytos ?

Les semences sont d’une importance primordiale dans la réussite d’une campagne, leur bon choix, leur bonne implantation sont clairement des facteurs clés de succès. C’est également un poste de dépense significatif pour une exploitation agricole. Bien choisir les variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques, aux problématiques de maladies, au marché que l’on adresse et bien se protéger lorsque l’on manipule des semences traités sont des points auxquels il et important d’apporter de l’attention.

Peut-être vous est-il déjà arrivé d’avoir des rougeurs sur la peau, des démangeaisons légères, des picotements dans le nez ou la gorge…lorsque vous manipuliez des semences enrobées sans protection particulière ? Avant d’évoquer les attitudes de prévention, intéressons nous au parcours des semences avant qu’elles n’arrivent sur l’exploitation

L’essentiel de cet article s’appuie sur le Guide Syngenta : Semer de la variété au semis téléchargeable en cliquant sur l’image ci-dessous :

Semence industrielle : un parcours garantissant la qualité

L’étiquette sur le sac de semence : une mine d’informations

L’étiquette garantit à l’utilisateur final que la semence qu’il va acheter correspond au mieux à ses besoins. Elle indique également qu’elle est indemne de maladies de quarantaine et les produits phytosanitaires qu’elle a reçus.

Précaution à prendre : Bien conservez les étiquettes afin de pouvoir remonter la chaîne de traçabilité en cas de problème.

Etiquette de semences certifiées

Le parcours complexe d’une semence certifiée

Les semences brutes de céréales, une fois récolté, sont transportées par élévateur de la fosse de réception aux premières cellules de stockage (1).

Un pré-nettoyeur (2) peut être utilisé de manière systématique ou uniquement si la récolte n’a pas été effectuée dans de bonnes conditions.

Le nettoyage puis le triage vont s’opérer par étape. Après un éventuel ébarbage (4), les céréales passent au travers des grilles d’un nettoyeur-séparateur avec aspiration (5) et un trieur alvéolaire (6), la sélection s’effectuant à partir de la taille et du poids des graines. Le tri est affiné par

une table densimétrique ou à rebonds (7). Les graines ne présentant pas la bonne densité sont rejetées.

A ce stade, et dans un nombre croissant d’usines de semences (obligatoire en cas de semences de céréales hybrides), se positionne le trieur optique (8), qui permet de rejeter les graines sur la base de leurs formes et couleurs.

Il reste alors 80 % en moyenne du lot initial. Ces graines sont stockées (9) dans des cellules ou conteneurs tampons avant de passer à l’étape de la protection des semences (10) puis de l’ensachage (12 ou 13).

Il existe deux systèmes d’aspiration (noté A et B sur le schéma) car les poussières des phases de triage, ne doivent pas être mélangées avec les poussières émises après l’étape de traitement. Les premières peuvent être valorisées alors que les autres sont détruites par une société agréée.

Le parcours d une semence certifiée

La protection des semences fermières : sécuriser ses pratiques

Que l’on soit agriculteur ou trieur à façon, la manipulation des semences et des traitements phytosanitaires dédiés à leur enrobage n’est pas une étape anodine. Les semences traitées ne doivent pas être considérées comme des semences classiques, c’est pourquoi cette opération nécessite des précautions et des équipements adaptés à savoir : gants en nitrile ou en néoprène, lunette de protection, combinaison ou tablier et masque avec une cartouche filtrante de type A2P3. Ces EPI sont systématiquement à adapter en fonction de la nature des produits phytopharmaceutiques utilisés.

Protéger ses semences à la ferme : cinq règles à suivre

> Lire l’étiquette du produit qui protégera la semence.

  • Sur cette étiquette sont précisées les caractéristiques toxicologiques du produit et les consignes de sécurité à mettre en place.

> Adapter son comportement.

  • Faire preuve d’un comportement vigilent.
  • Éviter en particulier de créer des poussières en manipulant trop énergiquement les semences.
  • Prendre soin de ne pas s’exposer aux poussières émises lors de la manipulation des semences.
  • Veiller notamment à repérer le sens du vent.

> Organiser les conditions d’hygiène.

  • Il est indispensable de disposer d’un point d’eau à proximité pour se laver les mains après chaque opération.

> Adapter machines et infrastructures.

  • Vérifier la qualité du matériel avant chaque opération afin de travailler dans de bonnes conditions, en limitant là encore la production de poussières.
  • Quant au lieu de travail, il doit être dédié à cette activité, bien balisé et éloigné de l’espace de vie de la ferme ou des habitations proches, pour éviter le passage d’enfants ou d’animaux domestiques.

> Se protéger de façon adaptée.

  • L’activité de protection des semences doit se faire avec une combinaison de travail dédiée, qui sera retirée une fois le traitement réalisé, complétée par des EPI (Equipements de Protection Individuelle) : gants, lunettes, masque.
  • Les informations du matériel de protection nécessaire sont précisées sur l’étiquette du bidon du produit phytosanitaire.

Il est également possible d’enrober ses semences avec du lait d’argile.

Réussir son semis

Un semis réussi est un préalable indispensable pour voir la culture donner tout son potentiel.

Focus sur les conditions de réussite sur 4 cultures

6 conseils pour réussir son semis de tournesol

• Profondeur de travail du sol : entre 15 et 20 cm : l’objectif est de favoriser le développement du pivot et du chevelu racinaire afin que la plante résiste bien à la verse, à la sécheresse et soit capable de puiser dans le sol les nutriments

• La date de semis est bien entendue déterminée par la précocité de la variété et de la région. Si le climat le permet (sol ressuyé et suffisamment réchauffé), il est préférable de semer précocement, surtout en situation non irriguée. Bien s’assurer que le sol est suffisamment réchauffé (8 à 10 ° sur les 5 premiers centimètres) afin d’obtenir une levée rapide et homogène.

• Profondeur de semis : entre 2 et 4 cm selon le type et de l’état du sol : entre 2 et 3 cm pour un lit de semences frais et 3 à 4 cm pour une terre non battante, desséchée en surface.

• Écartement entre 45 et 60 cm au-delà, le rendement est fortement pénalisé

• Vitesse de semis : 5 à 6 km/h pour assurer une régularité de répartition des graines sur la ligne de semis.

• Nombre de plantes visé : 60 000 à 65 000 par ha

5 conseils pour réussir son semis de maïs

• Le lit de semence doit être rappuyé sans excès avec suffisamment de terre fine pour assurer un contact optimal entre le sol et la graine

• Semer à 3-4 cm : En dessous, fraicheur et humidité retarderont la levée : les plantes risquent alors de végéter, voire de pourrir sous terre. Trop superficiel, le semis subira la sècheresse et la germination sera plus difficile.

• Équiper votre semoir d’un déflecteur

• Favoriser une levée rapide et homogène (qualité du lit de semences, engrais starter). Arvalis-Institut du végétal recommande un amendement de 130 kg/ha de 18-46, ce qui permet d’avoir un bon effet starter tout en évitant, des irrégularités de répartition sur la ligne.

• Désherber tôt afin d’éviter la concurrence précoce des adventices.

5 conseils pour réussir son semis de betterave

• Bien préparer le sol pour favoriser le ressuyage

• Favoriser autant que possible les semis précoces dès que les risques de fortes gelées diminuent.

• Semer en absence de pluies prévues dans les heures qui suivent les semis, surtout dans les sols sensibles à la battance.

• Respecter la distance de semis sur le rang se situe autour de 17 à 18 cm et 45 cm (voir 50 cm pour limiter les exportations de terre lors de l’arrachage) entre les rangs.

• Attention : Le tassement rend la levée difficile et hétérogène.

4 conseils pour réussir son semis de colza

• L’implantation du colza détermine plus des deux tiers du potentiel de la culture

• Favoriser l’enracinement par un travail du sol profond ou un labour

• Éviter un semis trop dense (maximum : 30 à 45 graines/ m2)

Choisissez l’écartement qui vous convient. Le colza est capable de supporter une large gamme d’écartements entre rangs, entre 12 et 55 cm.

Pour un semoir à céréales (de 12 à 20 cm d’écartement), la densité visée doit être de 40 plantes par m2.

Pour un semoir monograine (de 45 à 55 cm), viser moins de 15 plantes par mètre linéaire.

• Semer dans les 2 premiers centimètres de profondeur

5 RÈGLES D’OR POUR SE PROTÉGER AU SEMIS

Semer des semences traitées nécessite un grand professionnalisme : un comportement et des équipements adaptés.

Réaliser son semis en toute sécurité : cinq règles à suivre

S’informer

– Lire les étiquettes qui figurent sur les sacs de semences en particulier les recommandations concernant la protection.

Adapter son comportement

– Éviter de téléphoner, manger, boire, ou fumer.

– Faire attention aux poussières, veiller en particulier à sa position par rapport au vent.

– Ne pas manipuler les semences à mains nues.

Entretenir ses machines

– Cabine propre, filtres à poussières renouvelés régulièrement.

– Déflecteur positionné pour éviter l’entraînement des poussières dans la direction du chauffeur ou dans l’environnement.

Veiller à l’hygiène des mains

– Installer un bidon rince-mains sur le semoir ou le tracteur pour pouvoir rincer ses gants et se laver les mains.

Adapter son équipement à son activité.

– Porter un vêtement de travail pour toutes les activités de semis, le retirer avant de rentrer à la maison.

– Laver séparément les vêtements de travail des vêtements de la vie courante.

– Compléter avec des EPI (Equipements de Protection Individuelle) adaptés : en priorité, gants, lunettes, masque anti-poussière.

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Crédit illustration : Syngenta

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