Le 1er #CofarmingFest s’est tenu le 25 janvier 2018 dans le Hub de BPI France à Paris. Plus de 250 personnes sont venues tout au long de la journée pour assister à des mini-conférences, participer aux barcamps et profiter d’une soirée festive.

Quelques images de la journée sur Power Boost :

“La plateformatisation de l’économie débute aussi tard dans le milieu agricole”

La journée a débuté fort avec Christophe Benavent, auteur du livre « Plateformes » aux Editions Fyp qui a commencé son propos en affirmant « Je suis surpris que l’économie collaborative ou plutôt la plateformatisation de l’économie débute aussi tard dans le milieu agricole », le ton était donné.

Il a replacé économie des plateformes dans un contexte plus large en précisant qu’elle se situe « à la marge de l’économie » et « à la marge de la société » puisqu’elle ne concerne, aux Etats-Unis, que 1% de la population à un temps T et qu’elle vient « compenser une perte de revenu » avec les plateformes de travail comme Deliveroo ou à l’instar d’une plateforme de capital, comme Drivy, s’ajoute à un revenu stable. L’universitaire a observé que l’économie collaborative se développe plus dans les secteurs fragmentés tel que le BTP ou l’hôtellerie (Booking) et que la densité jouait un rôle primordial. Ainsi l’importance de l’offre : le nombre d’objets, de nuitées, de services disponibles à disposition à un endroit donné est un facteur clé de succès au succès de la plateforme. Son propos s’est terminé par une comparaison agricole : « UBER donne accès à une ressource (un client voulant se déplacer) à des chauffeurs contre un pourcentage du prix payé ; de la même façon qu’hier les châtelains donnaient accès à leur terre à des fermiers contre un pourcentage de la récolte : cela s’appelle du métayage ».

“Tout chef d’entreprise agricole a besoin d’un effet miroir pour progresser”

Jean Baptiste Vervy directeur de la stratégie digitale du Groupe FDSEA 51 et agriculteur, a mis un bon « coup de pied dans la fourmilière » avec une intervention, basée sur des chiffres, qui aurait pu s’intituler : « Agriculteurs réveillez la compétitivité qui sommeille en vous ! ». Le salarié de ce syndicat atypique a débuté son propos en affirmant que les « recettes des succès agricoles d’hier ne marcheront plus demain ». Suite à l’année catastrophique dans la Marne en 2016 dû à des prix mondiaux des céréales bas et des conditions météo défavorables « le résultat moyen des exploitations a été négatif ». Avec son équipe, ils ont fait le calcul qu’il « faudrait entre 3 et 15 ans aux exploitations pour éponger le trou de 2016, la moyenne étant 8 ans ! » Sachant qu’un jeune installé met environ 10 ans à rembourser ses emprunts et que d’avoir une « très mauvaise année tous les 10 ans est plausible », un agriculteur peut se retrouver au bout de 30 ans dans la même situation que lors de son installation… Il a ensuite présenté les écarts entre les exploitants agricoles les plus performants économiquement et ceux qui le sont moins. Des écarts significatifs sont constatés sur tous les postes : coût de production, charge de mécanisation, commercialisation… Le facteur de performance économique observé va « de 1 à 4 sur une durée de 10 ans ». « Il faut se déprogrammer » a martelé JB Vervy : « investir dans le but de créer des charges et ainsi de faire des économies fiscales ne doit pas êtreun réflexe, encore plus lorque la rentablitié n’est pas assurée sur le long terme ». Connaître son EBE (Excédent Brut d’Exploitation) est indispensable pour un agriculteur car c’est un « vrai indicateur de compétitivité ». Il a ensuite donné des exemples de céréaliers et d’éleveurs qui ont fait des choix parfois iconoclastes ou à contre-courant leur permettant d’augmenter leur EBE sans pour autant « retourner à l’âge de pierre » comme par exemple celui de Stéphane B. en Côte d’Or qui a mis en place un système en agriculture de conservation. « Tout chef d’entreprise a besoin d’un effet miroir pour progresser » a conclu Jean Baptiste Vervy.

programme cofarming FB

“Les plateformes ont un modèle économique basé sur la mise en relation”

Anthoni Noyon, co-fondateur de Cocolabs, a apporté, en qualité de concepteur de plateforme son regard de professionnel. « Les plateformes ont un modèle économique basé sur la mise en relation et non sur une production ou une chaîne logistique » et leur enjeu principal est de « constituer une communauté ». Il a ensuite distingué 2 types de plateformes les « switch » pour lesquelles l’offreur et le demandeur peut être la même personne comme Blablacar et les « non switch » pour lesquelles les offreurs sont bien distincts des demandeurs comme UBER. Une fois l’amorçage fait grâce à des axes géographiques, thématiques et temporels clairs, il s’agit de gérer la croissance.

“Le triptype magique : robotique – Intelligence Artificielle – Block-chain”

Pascal Cochelin consultant en efficience numérique nous a plongé dans ce monde parfois incompréhensible en nous présentant le « triptype magique » : Robotique, Intelligence Artificielle (IA) et Block-chain. « L’évolution l’impression 3D » permet aujourd’hui de « fournir à la demande des pièces spécifiques et robustes en plastique ou métal » à destination du marché de la réparation de machine agricole par exemple. L’IA prend une importance accrue. Lorsqu’elle est couplée au Big Data « offre des opportunités extraordinaires » car cela permet « l’identification de besoins plus précis ». Des conseils automatiques d’achat ou de location de matériel agricole ou des matching de personnes vis-à-vis d’expertise sont alors possibles. Enfin la block-chain qui est un « stockage inaltérable, inaliénable et pérenne » est un formidable « outil de traçabilité d’un produit tout au long de la chaîne de valeur ». Elle permet « la signature de document qui nécessite un tiers de confiance » en jouant justement le rôle de ce tiers de confiance. Sachant qu’un « smart contract » est la « transcription numérique d’un accord, accord déclenché lorsque les conditions sont réunies » ; la block-chain couplée aux un smart contracts est un outil encore plus puissant. Par exemple, « une moissonneuse louée avec une part fixe et une part variable va automatiquement envoyer les données concernant le nombre d’heures d’utilisation et ainsi permettre d’établir automatiquement la facture telle que le contrat la prévoit » ! Pour le consultant, le #cofarming a de l’avenir, s’il est favorisé par « l’évolution des mentalités ». Cette évolution sera accélérée par l’arrivée sur le marché du travail des millenials qui sont « habitués à : Internet, les réseaux sociaux, l’échange, l’usage plutôt que la propriété, se comparer aux autres… bref tout le contraire des organisations hiérarchiques habituelles ».

“L’agriculteur doit y trouver un bénéfice”

Rémi Dumery, cultivateur beauceron et connecté, s’interroge sur le meilleur moyen de « partager des biens, des services et des savoir », de façon à « produire de mieux en mieux ». Il a également insisté sur le fait d’expliquer aux gens qui ne connaissent pas le monde agricole le métier, les pratiques et les raisons de leur emploi. Pour lui, les technologies numériques (capteur robot, data, plateforme…) ne créeront de la valeur, si et seulement si l’agriculteur y trouve un usage et donc un bénéfice ! Or, le cofarming est le plus sûr moyen de trouver un usage à ces outils complexes, virtuels et spécifiques, car il est centré sur l’humain et que le « temps humain » est la bonne vitesse de sa mise en place, et non le « temps technologique » qui va souvent « trop vite ».

cofarming fest

“Co-construction du #cofarming de demain”

6 barcamps ont permis à l’ensemble des participants de s’exprimer et de co-construire le #cofarming, les thématiques étaient :

· Quels nouveaux modèles économiques, quels nouveaux services grâce au #cofarming ?

· Comment le #cofarming va-t-il renouveler l’expérience client ? En quoi le #cofarming peut-il révolutioner l’expérience utilsateur ?

· Comment le #cofarming va-t-il révolutionner le fonctionnement interne des organisations agricoles ? En quoi le #cofarming va-t-il favoriser une réorganisation des structures qui sont aux services des agriculteurs ?

· Quels nouveaux rapports sociaux, quelle(s) nouvelle(s) organisation(s) sociale(s) sont permises grâce au #cofarming ? En quoi le #cofarming peut-il faire évoluer positivement les liens sociaux dans les campagnes ?

· Comment l’économie agricole va-t-elle évoluer sous l’impulsion du #cofarming ?

· Quels impacts le #cofarming va-t-il avoir sur l’environnement naturel. En quoi le #cofarming peut-il favoriser la préservation des ressources naturelles ?

En guise de conclusion de cette rafraichissante journée, une phrase captée lors de ces ateliers : « Il y a plus de choses à découvrir et à inventer que de choses que l’on connaît déjà ! ».

# cofarmingfest n°2

Les 6 plateformes qui composent aujourd’hui l’association #Cofarming : Wefarmup, La Balle Ronde, FarmeLeap, Echange Parcelle, AgriEchange et bien sûr Agrifind sont très satisfaites du déroulement de cette très belle fête et donnent d’ors et déjà rendez-vous en janvier 2019.

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