Premier volet d’un article en 2 parties sur le Big Data en agriculture proposé par Alexandre Carré.

Mais au fait, les Big Data c’est quoi ?

Nous avons tous entendu parler de « Big Data », cet anglicisme pratique pour parler de « mégadonnées » ou « données massives », mais qu’est ce qui se cache vraiment derrière ces termes qui multiplient les promesses et les gros titres ?

En fait, il s’agit de données numériques, des successions de 0 et de 1, qui ne sont pas seulement plus « grosses » mais surtout infiniment plus nombreuses chaque année à mesure que se multiplient les capacités de stockage et les outils de collecte (capteurs…). A partir de 2002, à l’avènement de «  l’ère du digital », et jusqu’à aujourd’hui, la quantité de données numériques connait une croissance quasi exponentielle ! Ces données sont si nombreuses qu’elles dépassent les capacités humaines d’analyse et même celles de la majorité des outils informatiques installés sur nos ordinateurs… Et pourtant, l’analyse de ces données promet de très nombreuses perspectives dans tous les domaines, sciences, médecine, politique, commerce, agriculture… Certaines s’esquissent déjà mais une grande partie de ces perspectives restent encore insoupçonnées. D’une certaine manière, l’analyse de ces Big Data offre une toute nouvelle manière de voir le monde …

Big Data et Agriculture

L’infographie qui illustre cet article a été réalisée par l’IRSTEA (Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture). Elle présente de manière schématique les enjeux des données numériques pour le domaine agricole, de leur acquisition à leur exploitation. Dans ces deux domaines, les innovations sont quasi quotidiennes. A mesure que la technologie fait progresser les capacités d’obtention des données, de nouvelles perspectives d’exploitation naissent. L’acquisition des données, leur analyse et leur exploitation sont en constante et rapide coévolution, elle-même liées à l’évolution d’autres technologies comme l’informatique, l’électronique, la robotique… Un magma bouillonnant dont il est quasiment impossible, à l’heure actuelle, de savoir précisément ce qu’il en ressortira…

En agriculture comme ailleurs, l’acquisition des données est en avance sur leur exploitation. Les capteurs sont déjà légion, sur les machines agricoles, les smartphones, dont les agriculteurs sont de plus en plus équipés, les robots de traite, les stations météo … Et ils fournissent un flux ininterrompu de données !

Le Big Data et le baby boom des Start Up agricoles

Acquérir des données est un début. Il faut ensuite les valoriser ce qui s’avère être infiniment plus complexe. Il faut les traiter, les analyser, et surtout les convertir en informations utiles et exploitables. Ce sont autant de nouveaux métiers à créer. Ainsi, on assiste à la naissance de nombreuses Start Up dans le domaine agricole qui, presque toutes, sont liées à la valorisation de ces nouvelles données. Ces jeunes entreprises misent sur l’innovation et sur un fort potentiel de croissance lié au développement de leurs activités.

Un état des lieux réalisé en France en mars 2017 réunis plus de 180 Start Up dans tous les secteurs du domaine agricole, de la production à la commercialisation.

Cartographie des Start-Ups liées à l’agriculture en France – Réalisée par Gabrielle Thomas

Les Big Data, une nouvelle richesse produite par les agriculteurs

Le développement de toutes ces activités autour des méga données pose de nouvelles questions. Ces données constituent de nouvelles richesses à exploiter, à valoriser, à commercialiser… D’une certaine manière, elles constituent une nouvelle matière première pour laquelle il devient légitime de s’interroger sur son appartenance. Les données appartiennent elles aux fabricants de capteurs, aux entreprises qui les exploitent où à ceux, comme les agriculteurs, qui les produisent ? La réponse, même si elle paraît évidente de prime abord, n’est en réalité pas si simple et pose d’autres questions… Combien valent les données brutes produites par les agriculteurs ? Comment les rémunère-t-on ? …

Une chose est certaine cependant, acquisition et valorisation des données fonctionnent de concert. L’une ne va pas sans l’autre. Et dans ce domaine où tout est nouveau, les anciens codes sont-ils toujours valables ? De nouveaux modèles économiques devront certainement être créés et il faudra qu’ils s’inscrivent dans une logique gagnant/gagnant. Certains font déjà le pari de l’open source, où les données seraient librement accessibles permettant la mise au point d’outils puissants qui seraient eux aussi librement accessibles. Si l’idée est séduisante, les modèles économiques doivent faire leurs preuves…

La suite dans l’article suivant…

Alexandre Carré

@AlexCarre49

@FuturAgricultur

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