Gilles CAVALLI : Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast d’AGRIFIND, aujourd’hui avec Vincent CORNILLE, fermier-aubergiste dans le Vaucluse, installé depuis 21 ans à la tête d’une véritable TPE, puisqu’il y a 8 personnes qui travaillent sur l’exploitation. Quelques mots de présentation sur l’activité aujourd’hui.

Vincent CORNILLE : Aujourd’hui, la ferme-auberge se décompose avec des chambres d’hôtes, d’un gîte d’étape et puis, de la restauration. On peut accueillir une bonne centaine de personnes, même des fois parfois plus. Pour alimenter tout ça, nous avons de l’élevage sur à peu après un hectare et demi. On élève toutes les volailles possibles, sauf le lapin, et puis du cochon et aussi des brebis pour avoir des agneaux et, après, on a un hectare sept de maraîchage qui roule sur toute l’année et ça nous fournit tous les légumes possibles pour alimenter la ferme auberge. On a aussi une petite vente de volailles sur le lieu de la ferme.

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Gilles CAVALLI : Merci. Ce que je souhaiterais développer avec vous Vincent aujourd’hui, c’est “qu’est-ce qu’un bon projet ?”. Qu’est-ce qui fait que, quand on entreprend et qu’on est chef d’exploitation cogérant avec son épouse, on a envie de se lever le matin et d’aller travailler et d’œuvrer, d’œuvrer à quoi ?

Vincent CORNILLE : Œuvrer à tout ce qui vous intéresse dans la vie finalement. Le bon projet, il n’y a pas de bon projet particulier, avant tout c’est celui qui vous plaît, c’est celui qui va vous correspondre, c’est celui qui va faire que, jour après jour, pendant que vous travaillez vous avez toujours cette même envie de vous lever. Si vous mettez des barrières trop hautes à sauter, c’est vrai qu’un jour ça va être tellement dur que vous ne vous lèverez plus, vous lèverez le pied, et puis là ce sera dangereux pour votre exploitation parce que les clients s’en aperçoivent et commencent à déserter.

“Le plus important c’est de faire ce que l’on aime, jour après jour”

Gilles CAVALLI : Alors quelques mots peut-être de précisions sur la façon dont vous faites les choses, que ce soit en termes de restauration, accueil publique et puis peut-être aussi en termes d’élevage et de maraîchage. Quels sont les choix qui ont été fait sur la structure ?

Vincent CORNILLE : J’ai commencé en étant conventionnel et puis, quelques années après, pas longtemps, trois, quatre ans après, j’ai voulu virer court et passer vers ce qu’on pourrait appeler du « bio », mais en fait, pour moi, l’objectif c’était de plus traiter du tout parce que ça correspondait mieux à ce que je pensais, et je ne voulais pas mettre ma vie et celle de mes consommateurs en danger, donc j’ai pris le parti de tout arrêter en traitement et c’est ce qu’on fait maintenant. Alors, c’est sûr que ça a demandé beaucoup d’efforts et beaucoup de ratés avant d’arriver à quelque chose de stable.

De la même façon, on s’est attaqué aussi à ne plus donner d’antibiotiques à nos bêtes, donc c’est chose faite maintenant. On roule avec des produits phytosanitaires simples, des décoctions, des huiles essentielles, et tout ça fonctionne à merveille. Cela fait partie aussi d’un plan de plus grand ensemble, parce que on est maintenant en train d’être agréés « Clé verte » qui est un label mondial assez connu, tout ça parce que l’on essaie d’être éco-responsables. Ce projet là justifie toutes les actions qui ont été prises jusqu’ici. Cela c’est ce qui nous correspond, c’est ce qui fait que j’ai envie de me lever le matin et c’est ce qui fait que l’on a de la clientèle parce qu’on est vraiment dans une direction. En fait, on s’aperçoit que pour plaire à beaucoup de monde, on n’a pas besoin d’essayer de plaire à tout le monde. Il faut essayer surtout de plaire à soi, à ses idées, à ce qu’on pense, à ce qu’on est.

“En étant cohérent et entier, on attire les clients qui nous ressemblent”

Gilles CAVALLI  : Donc si je résume bien le message, c’est dire : bien voilà si, aujourd’hui, il y a un équilibre quand bien même il a été long à trouver, c’est parce qu’il y avait une volonté et l’idée d’aller dans une direction et de mettre en œuvre des choses pour y arriver, alors que ce soit par rapport au maraîchage et le fait de ne plus utiliser les produits phytopharmaceutiques de synthèse et de maximiser le sol couvert, et d’avoir la même dynamique pour l’élevage des petits animaux. Peut-être pour conclure cet échange, ton rêve d’agriculteur aujourd’hui, quel est-il ?

Vincent CORNILLE : Alors, j’ai eu beaucoup de rêves dans ma vie d’agriculteur, mais là maintenant à l’âge que j’ai, j’arrive au rêve ultime : c’est de pouvoir enfin céder mon savoir-faire et notre entreprise, parce que ça serait dommage qu’elle s’arrête là, c’est quelque chose qui est viable et qui peut de plus en plus, avec l’expérience maintenant, arriver à donner à quelqu’un une belle vie avec du travail oui certes, mais aussi du repos, aussi des vacances, aussi pouvoir prendre des loisirs. Est ce que tout ça est possible ? C’est possible à partir du moment où on a vraiment envie que ça arrive.

Gilles CAVALLI : Oui. La phase de transmission d’exploitation, de cessation d’activité, c’est un élément clé qui arrive une fois dans sa vie d’exploitant agricole et on comprend aisément que ça puisse faire partie d’un rêve de pouvoir transmettre ça dans de bonnes conditions et que le travail accompli puisse perdurer dans les mains d’une autre personne.

Merci beaucoup, je rappelle Vincent Cornille fermier-aubergiste dans le Vaucluse, exploitation agricole qui fait vivre une petite dizaine de personnes aujourd’hui.

A très bientôt chers auditeurs pour un nouvel échange avec un acteur du monde agricole.

Si vous voulez dormir ou vous restaurer chez Vincent Cornille, voici le lien de son site : http://www.mas-des-vertes-rives.com/

Crédit photo : Mas des Vertes Rives

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