Gilles Cavalli : Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast d’Agrifind. Je suis avec Jean Yves Barge ; agriculteur installé dans le département du Rhône avec son fils sur une exploitation en grandes cultures avec la particularité d’être passé par le labour puis les techniques culturales simplifiées et enfin le semis direct. Bonjour Jean Yves.

Jean Yves Barge : Bonjour, je suis agriculteur sur la commune de Genas, dans le département du Rhône, sur la partie est du département. Il y a deux grands types de sols sur mon exploitation, une partie en sol superficiel séchant donc irriguée et une partie dans les sols plus profonds, plus argileux avec quelques pentes et des problèmes de ruissellement.

Gilles Cavalli : Comment vous est venue l’idée du passage au semis direct ?

Jean Yves Barge : L’idée du passage au semis direct et au strip-till nous est venue il y a une quinzaine d’années, en partie pour des problèmes de sol très usant avec des teneurs en matière organique faibles qu’on n’arrivait pas à faire bouger. On avait des sols qui stagnaient entre 1,5 et 1,7 point de matière organique avec l’enfouissement de tous les résidus végétaux. Nous avons une partie de la sole en maïs irrigué donc des retours de débris végétaux conséquents mais qui ne généraient pas d’augmentation de taux de matière organique. La meilleure des choses qu’on arrivait à faire, c’était de maintenir le taux mais pas de l’augmenter.

« Les TCS ne résolvaient pas nos problèmes »

Nous sommes donc passés vers d’autres techniques, comme beaucoup de gens on est passé par la phase TCS. On s’est aperçu au bout de quelques années que cela ne résolvait pas vraiment nos problèmes : ni sur les coûts de mécanisation, ni sur la teneur en matière organique. On avait plutôt tendance à avoir des problèmes de salissement des parcelles avec ces techniques-là.

D’où l’idée dans les années 2010 de limiter encore un petit peu plus le travail du sol par le strip-till et le semis direct. Alors, le strip-till sur les cultures en ligne donc maïs, soja, tournesol, colza avec l’adoption d’un inter-rang commun à ces cultures-là à 60 centimètres pour limiter le nombre de matériel sur l’exploitation, optimiser le semoir monograine pneumatique. Nous faisons toutes la partie semis de céréales et de couverts végétaux avec un semoir semis direct.blé rotation culture

Gilles Cavalli : Comment gérez-vous le matériel sur votre exploitation ?

Jean Yves Barge : Tout le matériel de l’exploitation sert à deux structures donc le semoir monograine en pneumatique sème à peu près 250 hectares par an.

Gilles Cavalli : Et quelle importance accordez-vous aux couverts végétaux ?

“Les couverts végétaux ont un très grand intérêt pour nous”

Jean Yves Barge : Au fil des ans, on s’est aperçu que les couverts végétaux avaient un très grand intérêt pour nous, autant pour augmenter le taux de matière organique, que maintenir l’activité biologique dans les sols et notamment les sols avec des pentes pour développer l’activité des vers de terre qui nous aident beaucoup à infiltrer l’eau et à très fortement limiter le ruissellement et l’érosion. Le semoir semi-direct pour les céréales sert aussi autant au semis de couvert qu’au semis de blé.

Gilles Cavalli : Avez-vous aujourd’hui une rotation type ?

Jean Yves Barge : On n’a pas vraiment trouvé de rotation type encore parce qu’il faut adapter un petit peu tous les paramètres à chaque exploitation, pratiquement chaque exploitation est un cas particulier. Grosso modo, nous on va vers deux rotations types : les rotations sur sols irrigués et les rotations sur cultures sèches. En culture irriguée une fixation de maïs, de blé et de colza voire de soja suivant les années pour essayer de couper les rotations cultures de printemps par des cultures d’hiver. Puis en culture sèche, c’est un petit peu plus compliqué parce qu’il faut trouver des cultures de printemps. Et sur des sols qui sont un petit peu courts en réserve hydrique c’est toujours un petit peu compliqué de trouver des cultures adaptées à ces sols-là. Mais bon petit à petit on y arrivera. L’idée c’est vraiment d’associer les cultures d’hiver et les cultures de printemps pour couper les cycles de végétations des germinations des adventices.

Gilles Cavalli : Et quel résultat avez-vous obtenu en terme d’évolution du taux matière organique ?

« On a gagné ½ point de MO en 10 ans »

Jean Yves Barge : On sent vraiment une hausse du taux matière organique depuis qu’on a vraiment arrêté le travail du sol et qu’on est vraiment passé en semis direct et en strip-till avec l’ajout de couverts végétaux. C’est vraiment là qu’on s’est aperçu que la réduction du travail du sol permet vraiment d’augmenter le taux de matière organique plus rapidement. On a gagné quasiment un demi-point en 10 ans, voire plus, sur certaines parcelles. Là aussi, on sent qu’il y a des parcelles qui démarrent plus rapidement que d’autres. Pour l’instant, je pense qu’il y a des paramètres qu’on ne maîtrise pas.

colza associé couverts végétaux

Gilles Cavalli : Et quels sont vos choix en terme de couverts végétaux ?

Jean Yves Barge : Essentiellement, l’idée c’est d’incorporer « le plus possible » de légumineuses puisque le système demande de l’azote pour fabriquer de la matière organique. Il faut de l’azote donc l’idée, c’est d’utiliser de la légumineuse type féveroles, pois fourrager d’hiver, vesces qui à la fois ont un pouvoir structurant par leur système racinaire et un pouvoir couvrant pour limiter l’inconvénient des couverts végétaux des inter-cultures longues.

Gilles Cavalli : Merci Jean Yves pour toutes ces informations et tous ces détails concernant votre métier et votre façon de travailler. J’aimerais conclure cette interview par une question. Quel est votre rêve d’agriculteur ?

Jean Yves Barge : Pouvoir un jour me passer des aides PAC ce serait un grand soulagement.

Gilles Cavalli : Merci d’avoir partagé ce rêve avec nous. Aujourd’hui avec Jean Yves Barge installé dans le Rhône, sur une exploitation grandes cultures avec la particularité de travailler avec du semis direct et en strip-till.

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